dimanche, mai 3

Les spéculations allaient bon train depuis quelques jours à Belgrade et finalement, Marta Kos, la commissaire européenne à l’Élargissement l’a confirmé : Bruxelles bloque le versement de 600 millions d’euros de fonds européens à destination de la Serbie, en raison d’une réforme judiciaire contestée, la loi Mrdic, du nom du député qui en est l’auteur, écrit notre correspondant dans les Balkans, Laurent Rouy.

Le texte adopté en février 2026, vise entre autres à diminuer le rôle du procureur contre la criminalité organisée, et revient à placer une partie de l’appareil judiciaire sous contrôle. Cette loi est l’objet d’un bras de fer entre le président Aleksandar Vucic, qui jure que l’indépendance des juges n’est pas en danger, et la Commission européenne, qui dénonce un éloignement de la Serbie des valeurs continentales.

Éteindre l’incendie

Le ministre serbe pour l’Intégration européenne a tenté d’éteindre l’incendie et promettant que la loi serait modifiée suivant les recommandations européennes d’ici fin mai. D’ici là, les fonds restent bloqués à Bruxelles, et pourraient même être distribués à d’autres pays si la situation n’évolue pas. La Serbie risque de perdre – en tout – un milliard d’euros de fonds européens.

Le plan européen de croissance, qui concerne six pays des Balkans occidentaux (Albanie, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro, Bosnie et Serbie), est doté d’un financement de six milliards d’euros (7,06 milliards de dollars) pour la période 2024-2027, écrit l’AFP. Il est destiné à stimuler les économies et accélérer le rapprochement avec l’UE. Le versement de ces fonds est conditionné à des réformes, notamment liées à la garantie de l’indépendance de la justice et à la lutte contre la corruption. La Serbie a reçu sa première tranche de 56,5 millions d’euros à la mi-janvier dans le cadre de ce plan, sur un total de 1,58 milliard d’euros prévus pour ce pays candidat à l’UE.

Un proche allié du Kremlin

Le pays reste un proche allié du Kremlin et l’un des rares États européens à ne pas avoir sanctionné la Russie après son invasion de l’Ukraine en février 2022. « On ne peut pas avoir le pied dans deux camps », a souligné Marta Kos.

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