Avec notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard
« Ramenez-nous nos fils » : c’est ce qu’ont demandé les familles kenyanes sans nouvelles de leurs proches en Russie. Susan Kuloba est venue avec des photos de son aîné, David. Il s’était vu promettre un emploi d’agent de sécurité, dit-elle. Il a fini par être déployé sur le front russo-ukrainien. Susan a été informé par un autre Kényan qu’il aurait été tué par un drone. Sa dernière communication remonte à octobre.
« Il m’a envoyé cette photo. On le voit en uniforme militaire. Il avait peur, mais que pouvait-il faire ? Il m’a dit que s’il refusait, le commandant le tuerait lui-même. Aujourd’hui, ce que je veux, c’est qu’on me rende mon fils. S’il est en vie, qu’on me le rende. S’il est mort, qu’on me le rende aussi et que je puisse organiser ses funérailles. Attendre sans savoir où il est, c’est terrible », explique-t-elle.
Une pétition appelant à plus d’action des autorités
Janet Wainaina, elle, est venue pour son frère Samuel, parti aussi selon elle pour un emploi d’agent de sécurité. « Nous nous sommes rendues à l’ambassade de Russie, à l’ambassade d’Ukraine, au ministère en charge de la Diaspora, aux Affaires étrangères… Personne n’est en mesure de nous apporter des réponses. Nous n’avons reçu aucune communication s’il est en vie, s’il est à l’hôpital, s’il est décédé… Nous voulons que notre gouvernement discute avec le gouvernement russe pour obtenir des réponses », souhaite-t-elle.
Les manifestants ont déposé une pétition auprès des autorités les appelant à plus d’action. Parmi leurs demandes : le rapatriement de leurs proches et une déclaration officielle interdisant les recrutements au sein de l’armée russe.
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