Le mineur, âgé de 16 ans, interpellé samedi 22 mars, après l’agression en pleine rue du rabbin d’Orléans, sera jugé en avril devant le tribunal pour enfants de cette ville, a annoncé la procureure de la République d’Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, dans un communiqué. Il sera jugé des chefs de violences volontaires « commises en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, réelle ou supposée, de la victime à une religion », a précisé la magistrate, ajoutant que « son placement en détention provisoire est requis jusqu’au jugement ».
Lors de sa garde à vue, « il a déclaré être âgé de 16 ans et être de nationalité palestinienne », sans qu’« aucun élément ne permette de remettre en cause l’état de minorité qu’il déclare ». Confronté aux termes de la plainte déposée et aux témoignages recueillis, « il nie être à l’origine de l’altercation et soutient s’être défendu ».
Le jeune homme est « impliqué dans trois procédures judiciaires, conduites entre octobre 2024 et décembre 2024, pour des faits de trafics de stupéfiants et de violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique à Marseille, et de vol aggravé sur la commune d’Orléans », a aussi précisé le communiqué. A chaque fois, « il a déclaré une identité différente ».
Le jeune homme a par ailleurs « refusé de se soumettre aux relevés signalétiques et aux prélèvements biologiques permettant son identification lors de son placement en garde à vue, avant de s’y soumettre en fin de mesure », selon le parquet. Il a alors admis être de nationalité marocaine. Deux grammes de résine de cannabis ont été trouvés en sa possession et il « est également poursuivi pour avoir refusé de se soumettre aux relevés et prélèvements permettant d’établir son identité, et pour usage de stupéfiants ».
Samedi vers 13 h 30, le rabbin Arié Engelberg rentrait chez lui accompagné de son fils de 9 ans quand il a été agressé, a-t-il témoigné dimanche soir sur BFM-TV. Son agresseur lui a demandé s’il était juif. « J’ai répondu oui », a dit M. Engelberg. « Il a commencé à dire “tous les juifs sont des fils de…” », a poursuivi le rabbin, qui a raconté que son agresseur voulait le filmer avec son téléphone et l’insultait. Un déroulé des faits confirmé par le parquet.
Emmanuel Macron dénonce le « poison » de l’antisémitisme
« J’ai décidé d’agir et j’ai poussé son téléphone », l’agresseur « a porté des coups, je me suis protégé », a raconté le rabbin. Le suspect l’a ensuite mordu, a encore décrit M. Engelberg, qui a été secouru par plusieurs personnes. L’interposition d’un témoin a mis un terme à l’agression, provoquant la fuite de son auteur, précise Mme Bochenek-Puren dans son communiqué.
Une enquête a été « immédiatement ouverte du chef de violences volontaires ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à huit jours, commises en raison de l’appartenance, réelle ou supposée, à une religion », selon le communiqué, alors qu’un adolescent, soupçonné de l’agression, était interpellé samedi soir.
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Jusqu’à présent, la ville avait été plutôt épargnée par les actes antisémites, selon le président de la communauté israélite de la ville, André Druon, et l’émotion était encore vive lundi.
Environ 300 personnes se sont rassemblées dimanche en fin de journée place de la Bastille, à Paris, à l’appel de l’Union des étudiants juifs de France et de l’Union des lycéens juifs de France. Le même jour, Emmanuel Macron a dénoncé sur le réseau social X le « poison » de l’antisémitisme, en promettant de ne céder « ni au silence ni à l’inaction », tandis que le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, a pointé le « double visage » de l’antisémitisme, celui « de l’islamisme » et celui de « l’extrême gauche ».
Une marche silencieuse « en soutien au rabbin » et « contre l’antisémitisme » est également prévue mardi à 18 heures à Orléans, à l’appel de plusieurs associations juives locales. Le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a appelé gouvernements européens et société civile « à agir » contre « la résurgence de l’antisémitisme en France et en Europe ».
En 2024, un total de 1 570 actes antisémites ont été recensés en France, selon le ministère de l’intérieur. Le Conseil représentatif des institutions juives de France avait déploré en janvier un niveau « historique » de ces attaques pour la deuxième année de rang, après une « explosion » consécutive aux attaques perpétrées le 7 octobre 2023 par le Hamas en Israël.