- La proprioception est considérée comme notre sixième sens silencieux.
- C’est grâce à cette fonction que nous avons conscience des différentes parties de notre corps.
- En cas de maladie de Parkinson ou d’AVC, ce sens est particulièrement altéré, rendant difficile l’exécution des gestes les plus anodins du quotidien.
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Bien dans son corps, bien dans sa tête
On dit souvent, voire toujours, que l’être humain possède cinq sens : l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût et la vue. Pourtant, les scientifiques estiment qu’en réalité, nous en avons un sixième que l’on n’évoque absolument jamais : la proprioception. Essentielle pourtant, elle est complètement occultée. Qu’est-ce que c’est ? On vous dit tout.
La proprioception ou la perception de soi
Si on vous demande de fermer les yeux et de toucher votre nez, votre main connaît le chemin, pas besoin de réfléchir. Vous savez aussi si votre genou est fléchi ou tendu. Pendant la nuit, vous pouvez attraper votre verre d’eau, à côté de votre lit, et boire sans ouvrir les yeux et sans tout renverser, car vous savez où est votre bouche. C’est ça, la proprioception. Il s’agit tout simplement de la capacité à sentir son corps : c’est la perception, consciente ou non, des différentes parties qui nous composent. En résumé, c’est la perception de soi. Grâce à la proprioception, on est capable de savoir quel membre bouge, lequel est immobile, si un muscle est en extension ou au repos, sans avoir à regarder.
La proprioception est rendue possible grâce à des récepteurs sensoriels appelés propriocepteurs. Ces récepteurs font partie du système nerveux périphérique. On les retrouve dans tous nos muscles, mais aussi dans nos ligaments et nos tendons, et nos pieds tout comme nos yeux en sont particulièrement riches.
Améliorer sa proprioception, c’est possible
La proprioception est considérée comme le « sixième sens silencieux », car il est moins évident à considérer, contrairement au toucher ou à la vue. Et s’il est le sens le moins connu, il est pourtant l’un des plus importants et il est essentiel. Une personne qui n’a pas la pleine mesure de cette fonction aura ainsi du mal à se mouvoir ou à se lever pour marcher, elle aura du mal à évaluer la masse des objets à soulever ou à déplacer. Pascal Floyar, coach sportif interrogé par Notre Temps, explique qu’en avançant « en âge et en particulier après 50 ans, on a certaines capacités qui diminuent : la force, certaines aptitudes musculaires et psychomentales notamment la proprioception, cette capacité à bien se tenir, droit et à se mobiliser dans l’espace
« .
En cas d’AVC ou de maladie de Parkinson, cette fonction est fortement impactée, rendant certains gestes du quotidien difficiles, voire impossibles à exécuter. D’où l’importance de prendre soin de ce sixième sens. Il est d’ailleurs possible de réaliser des exercices de rééducation proprioceptive avec un kinésithérapeute, en cas d’entorse ou après un accident cardio-vasculaire. On peut également mettre en place des petits gestes comme marcher pieds nus pour stimuler les milliers de récepteurs situés au niveau de la voûte plantaire. Il est recommandé aussi de travailler sur sa stabilité en effectuant des exercices d’équilibre sur un pied, d’abord les yeux ouverts, si possible les yeux fermés. Le but est de tenir la position le plus longtemps possible. La chercheuse en neurosciences Christine Assaiante, interrogée par Arte, conseille de rester actif le plus longtemps possible, de pratiquer un exercice physique en groupe. Cela permet « de ne pas isoler le sensori-moteur du social et de l’affectif
« .
En revanche, dans le cas d’une défaillance sévère de la proprioception, il est aujourd’hui impossible de la soigner. Si les chercheurs tentent de développer des thérapies pour aider les patients à prendre conscience des parties de leurs corps, ils ne savent pas si un traitement sera un jour découvert.











