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Maintenant que tout le monde ou presque est devenu gaulliste, que Pompidou est une figure patrimoniale, voire muséale, les nouveaux leaders de la droite et de l’extrême droite doivent piocher parmi des références moins évidentes pour s’inventer des filiations avec des personnalités qui, souvent, ne sont plus là pour les contredire.
C’est arrivé près de chez nous
Marie-France Garaud, Alain Peyrefitte : cela faisait longtemps qu’on n’entendait plus beaucoup ces noms de responsables politiques dont les œuvres circulent surtout dans les boîtes à livres. Mais voilà qu’ils reviennent.
C’est Sarah Knafo qui dit dans Le Figaro avoir « beaucoup appris » lors de ses thés pris le dimanche après-midi avec Marie-France Garaud, invoque Margaret Thatcher, « qui a redressé le Royaume-Uni », ou encore, à la fin du podcast de business « Génération Do It Yourself », animé par Matthieu Stefani, recommande l’ouvrage Le Mal français, de l’ancien ministre Alain Peyrefitte. Elle y cite également Alain Madelin, « qui avait plein d’idées pour la France ». Ça tombe bien, le podcasteur a conversé avec lui la veille en visio, ultra-cool avec son cigare et ses Ray-Ban. C’est Nicolas Sarkozy qui, dans son Journal d’un prisonnier, célèbre ses liens avec les Chirac, « de la même famille de cœur et d’énergie » que lui, oubliant plus vite que, à son tour, il l’a trahi pour soutenir Edouard Balladur à la présidentielle de 1995.
La vieille droite est devenue vintage. Un peu comme écouter Michel Delpech, évoquer les anciens cadres du RPR a l’avantage de replonger les électeurs les plus âgés dans leur jeunesse et de tremper les jeunes dans la nostalgie d’une période optimiste, surtout pour ceux qui ne l’ont pas connue.
Qu’importe que l’histoire les ait jugées trop autoritaires ou réacs : depuis les outrances de Donald Trump, toutes les anciennes personnalités clivantes offrent désormais la patine rassurante des figures du siècle dernier. Plus le présent est brutal, plus le passé devient fréquentable.
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