Une fois la deuxième journée d’audience levée et la salle de la cour criminelle presque vidée de ses acteurs, Fanny (les prénoms ont été changés) éclate en de terribles sanglots. Depuis le 16 février, début du procès pour viol du rappeur Naps, la jeune femme est vissée à l’extrémité du banc des parties civiles, le plus loin possible de celui qu’elle accuse, et réduite au rôle de spectatrice impuissante. Car les deux premiers jours ont été consacrés à l’audition de témoins, ainsi qu’à l’étude de la personnalité de l’artiste, Nabil Boukhobza de son état civil.
La présidente de la cour, Danièle Dionisi, a ouvert le procès en rappelant les faits qui lui sont reprochés : Au cours d’une sortie dans une discothèque parisienne, Fanny et deux de ses amies, Céline et Léa, rencontrent le musicien. Tard dans la nuit, décision est prise de l’accompagner pour prolonger la soirée en « after », à l’hôtel Mercure de la Gare de Lyon. Pour accéder à l’exiguë chambre 436, les trois jeunes femmes – dix à quinze ans plus jeunes que Naps, âgé de 40 ans – ont dû remettre leur téléphone au cousin du rappeur, pour « protéger sa vie privée ». Par la suite, Fanny explique s’être endormie habillée dans l’unique lit, comme ses amies, avant d’être réveillée par une pénétration imposée par le rappeur. Celui-ci reconnaît un rapport sexuel, mais consenti.
Il vous reste 76.57% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.














