« Nous allons vous demander de confirmer très largement la responsabilité pénale de première instance, et des peines d’inéligibilité seront bien entendu requises », ont prévenu les deux représentants de l’accusation au début de leur réquisitoire au procès en appel à Paris dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN), mardi 3 février.
Leur réquisitoire, qui doit durer près de six heures, a commencé à 13 heures devant la cour d’appel de Paris. Marine Le Pen, qui joue sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, avait été condamnée en première instance à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.
Les deux représentants de l’accusation ont déploré que les prévenus, dont Marine Le Pen, aient « usé de la stratégie de délégitimation des contre-pouvoirs, et ici de la justice, dont l’objectif serait d’empêcher l’accession d’une cheffe de parti aux plus hautes fonctions de l’exécutif ». « Laisser croire que la justice pourrait s’opposer à la volonté du peuple souverain est inexact, c’est oublier que le juge est le gardien de la loi, et qu’il ne fait que l’appliquer », ont ajouté les deux avocats généraux au début de leur réquisitoire, après onze jours de débats devant la cour d’appel de Paris qu’ils ont estimés « plus sereins » qu’en première instance.
La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national et à dix autres cadres le paiement, entre 2004 et 2016, de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen. Sur les 25 condamnés en première instance l’année dernière, la moitié a fait appel.
Seules une éventuelle peine d’inéligibilité inférieure à deux ans et l’absence d’une condamnation au port d’un bracelet électronique, perçu comme incompatible avec la possibilité de mener campagne, pourraient permettre à Mme Le Pen d’entrevoir un avenir politique. La cour d’appel rendra sa décision « d’ici l’été ».









