Quatre ans de prison avec sursis ont été requis jeudi 5 mars contre Christophe Ellul, jugé à Soissons (Aisne) pour l’homicide involontaire de sa compagne Elisa Pilarski, tuée en 2019 par des morsures canines attribuées à un des chiens de M. Ellul, le pitbull Curtis, dont la procureure a demandé l’euthanasie.
Christophe Ellul, 51 ans, avait découvert le 16 novembre 2019 le cadavre de sa compagne, âgée de 29 ans et enceinte de six mois, couvert de morsures canines. Le chien Curtis, à qui ont été attribuées ces morsures, est aujourd’hui âgé de 8 ans et vit en chenil depuis le drame. L’enquête a établi qu’il s’agissait d’un pitbull importé illégalement en France par le prévenu.
Un homme « détruit »
Après plusieurs années à rejeter l’implication de Curtis, qui l’aurait rendu responsable du drame, M. Ellul a fini par reconnaître mercredi avoir eu « la preuve » que son chien « est coupable ».
« Les mensurations [des morsures] parlent d’elles-mêmes apparemment. Aujourd’hui, oui, je l’accepte et je le crois », a-t-il déclaré à l’audience. Une expertise a déterminé que les morsures exploitables correspondaient aux caractéristiques physiques de Curtis. Mais jeudi matin, le quinquagénaire a refusé de réitérer ses propos, estimant n’avoir « pas fait d’aveux. J’ai dit à madame la présidente, dès le départ, ce que je voulais, c’est tout. »
Mercredi soir, son avocat, Alexandre Novion, avait tempéré les propos de son client, qu’il voit comme la formulation malheureuse d’un homme « détruit », qui « ne peut plus réfléchir normalement ». M. Ellul avait lui-même été plus nuancé dès mercredi, après avoir reconnu l’implication de Curtis, estimant qu’un seul chien « ne peut pas faire 50 morsures », en référence aux 56 plaies retrouvées sur le corps d’Elisa Pilarski.
M. Ellul avait, dès le début, mis en cause une meute de chiens chassant à courre dans la zone, bien que diverses analyses au fil de l’instruction ont dirigé le faisceau d’indices vers le seul Curtis.












