- Un détenu incarcéré à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) s’est vu accorder une permission de sortir pour se rendre à un entretien d’embauche.
- L’homme de 52 ans, un ancien membre d’un vaste réseau de trafic de drogue en Seine-Saint-Denis, fait partie des 100 narcotrafiquants les plus dangereux.
- TF1info a contacté le ministère de la Justice pour en savoir plus sur les critères ayant justifié son placement dans cette prison.
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La France en proie au narcotrafic
Un détenu du nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la prison de Vendin-le-Vieil (nouvelle fenêtre) (Pas-de-Calais) a obtenu une permission de sortir, une décision qui fait polémique (nouvelle fenêtre). L’homme de 52 ans (nouvelle fenêtre) a quitté l’établissement ce matin, avant de prendre un TGV en direction de la région lyonnaise pour assister à un rendez-vous avec un potentiel employeur, accompagné de son épouse, mais sans escorte. Il a depuis été réintégré en détention ce lundi soir. Cet ancien membre d’un vaste réseau de trafic de drogue en Seine-Saint-Denis fait partie des 100 détenus considérés comme les narcotrafiquants « les plus dangereux ».
Il a été placé l’été dernier dans cette prison de haute sécurité.
La loi contre le narcotrafic (nouvelle fenêtre), promulguée en juin 2025, permet le placement en détention des membres de la criminalité organisée les plus dangereux dans des quartiers dédiés. L’affectation se fait « au regard de critères objectifs »
, selon le ministère de la Justice. « Ce que dit la loi Narco, c’est qu’il doit être pris en compte deux éléments. C’est un, la dangerosité de la personne détenue, avec deux sous-aspects : la dangerosité vis-à-vis de l’intérieur, c’est-à-dire pour les personnels et éventuellement pour les autres détenus, et la dangerosité pour l’extérieur. Le deuxième critère, c’est qu’il faut montrer qu’il y a une volonté de continuer ses activités criminelles depuis la détention »
, détaille, auprès de TF1info, un porte-parole de la chancellerie.
C’est essentiellement pour le trafic de stupéfiants. Mais en vérité, cela concerne tout le spectre de la criminalité organisée.
C’est essentiellement pour le trafic de stupéfiants. Mais en vérité, cela concerne tout le spectre de la criminalité organisée.
La chancellerie
Cela concerne en priorité les narcotrafiquants, mais pas uniquement. « C’est essentiellement pour le trafic de stupéfiants. Mais en vérité, cela concerne tout le spectre de la criminalité organisée. Par exemple, une personne qui fait de la traite d’êtres humains et qui n’a rien à voir avec le trafic de stupéfiants pourrait être placée si elle répond à ces deux critères »
, indique la chancellerie. L’évaluation de la dangerosité des détenus est réalisée conjointement par l’administration pénitentiaire et les autorités judiciaires. Le travail de repérage est effectué par la direction de l’administration pénitentiaire, la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO) et les juridictions interrégionales spécialisées (JIRS).
Le placement se fait sur avis motivé du garde des Sceaux après avis du juge de l’application des peines (s’il s’agit d’une personne déjà condamnée) ou après information du magistrat chargé du dossier de l’instruction (si cela concerne une personne prévenue). Actuellement, on compte environ 20% de condamnés et 80% de personnes prévenues (comprendre, en détention provisoire). Comme l’explique notre interlocuteur, « ce sont des personnes qui ont déjà été condamnées, même parfois à plusieurs reprises, mais qui ont encore des dossiers en cours. Et par conséquent, ils sont considérés comme prévenus »
. Chaque décision est prise pour une durée d’un an, renouvelable.
Au-delà de la gravité des infractions commises par la personne, c’est surtout le comportement en détention qui est pris en compte, nous explique-t-on. « Il y a des gens qui font des choses très graves mais qui, une fois qu’ils sont détenus, ne font plus jamais parler d’eux. Et puis, vous avez des gens qui, s’ils ne sont pas dans une forme d’étanchéité la plus totale, sont capables de commanditer leur propre évasion ou des assassinats. Ce sont des personnes qui ont introduit des téléphones portables à plusieurs reprises »
, précise la chancellerie. Une autre prison de haute sécurité a depuis ouvert ses portes à Condé-sur-Sarthe (Orne) et d’autres doivent voir le jour dans les prochains mois.









