Le candidat Renaissance à la présidentielle Gabriel Attal a été visé par « une ingérence en provenance de la Russie », a-t-on appris ce mercredi 5 août auprès de son entourage.
Viginum, le service chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères en France, a confirmé à l’AFP avoir détecté mardi cette opération de désinformation qu’il impute avec « une confiance élevée » au réseau prorusse Matriochka (terme russe pour désigner des poupées gigognes).
Il s’agit de la troisième ingérence numérique attribuée à des réseaux prorusses visant en quelques jours des candidats probables à la présidentielle française: le patron d’Horizons Édouard Philippe et le candidat de gauche Raphaël Glucksmann ont eux aussi été la cible d’opérations de déstabilisation en ligne en provenance de Russie, cette fois de la part du groupe Storm-1516. Toutes ces opérations sont restées peu visibles.
Ces faux contenus publiés sur X ont usurpé l’identité visuelle de médias français (RFI, BFM*, Le Parisien, Ouest France, Libération, France 24 mais aussi l’AFP dans une des vidéos) affirmant notamment que Gabriel Attal présentait « des signes de la maladie de Parkinson » ou plaiderait pour une politique plus favorable à l’égard des squatteurs de logements vides.
Une « entreprise de diversion »
Le mode opératoire Matriochka, actif depuis 2023, s’appuie sur la publication de faux contenus, diffusés de manière coordonnée sur les réseaux sociaux, puis relayés par des utilisateurs interpellant directement des médias pour qu’ils se penchent sur les fausses informations en question. Une méthode qualifiée « d’entreprise de diversion » par les experts. Cette campagne avait notamment ciblé les Jeux Olympiques de 2024.
L’actuel Premier ministre Sébastien Lecornu a dit le 8 juillet s’attendre à un risque « très aigu » d’ingérences étrangères dans le cadre des prochaines échéances électorales en France, présidentielle, mais aussi lors des régionales et départementales de 2028.
Le gouvernement a présenté fin juillet un projet de loi pour mieux lutter contre les ingérences qui prévoit notamment de durcir les peines pour les personnes diffusant des fausses nouvelles dans un contexte électoral.
Article original publié sur BFMTV.com




