- Cible de « deepfakes, faux reportages vidéo et fausses unes de journaux » en ligne, Gabriel Attal porte l’affaire en justice.
- Ses avocats ont déposé plainte pour « des faits d’ingérence étrangère ».
- « Si on ne fait rien pour se protéger, l’élection peut être faussée », s’était inquiété le candidat à l’Élysée cette semaine, accusant « la Russie de vouloir voler » ce scrutin aux Français.
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Il porte l’affaire en justice. Gabriel Attal a déposé plainte à Paris pour « des faits d’ingérence étrangère, de manipulation de l’information, de fabrication de contenus truqués, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité du scrutin présidentiel à venir »
.
Après un premier signalement mercredi « pour une ingérence numérique extérieure »
et « en provenance de Russie »
, les services de l’État « ont informé »
le candidat à l’élection présidentielle, vendredi, d’une « nouvelle opération d’ingérence »
jeudi, « à nouveau en provenance de réseaux russes »
, expliquent ses avocats Mes Sacha Ghozlan et Lucas Veil dans un communiqué adressé à l’AFP.
« Notre client a été alerté par le SGDSN (Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale), et plus particulièrement par le service Viginum, chargé de la vigilance et de la protection contre les ingérences numériques étrangères, de l’existence de campagnes de désinformation le visant »
, précisent les conseils de l’ancien Premier ministre.
« Plusieurs comptes X dont certains usurpant l’identité de médias français et internationaux ont diffusé de faux reportages vidéo, de fausses unes de journaux, des contenus imitant les logos, chartes graphiques de médias et lui attribuent ainsi qu’à ses proches des propos, des agissements et des positions publiques mensongères et fausses destinées à le discréditer comme candidat »
, détaillent-ils. Ils parlent aussi d’éléments censés « semer la confusion sur l’origine des deepfakes »
, en fléchant le patron de Renaissance pour faire croire qu’il avait « lui-même orchestré la désinformation qui le vise »
.
Interdire TikTok ou X le temps de la campagne ?
Des opérations de déstabilisation semblables, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours deux autres candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle. Édouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé. La justice a ouvert une enquête autour de la campagne de désinformation présumée visant Raphaël Glucksmann (Place Publique), dont la compagne, la journaliste Léa Salamé, a été accusée d’avoir soudoyé des médias pour favoriser sa candidature.
Même si elles sont restées peu visibles d’après une source sécuritaire, il s’agit des premières actions visant directement des prétendants à l’Élysée depuis le début de la campagne. « Si on ne fait rien pour se protéger, l’élection peut être faussée »
, s’est inquiété jeudi sur RTL Gabriel Attal, accusant « la Russie de vouloir voler »
ce scrutin aux Français. Lors des dernières élections municipales, des candidats de la France insoumise à Marseille, Toulouse et Roubaix avaient aussi été concernés. Les soupçons se portent vers une entreprise israélienne. Le parquet de Paris précise que l’enquête « est toujours en cours »
, « sans nouvel élément communicable à ce stade ».
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a rappelé, mercredi soir, que le gouvernement avait présenté fin juillet, en Conseil des ministres, un projet de loi durcissant les peines encourues en cas de diffusion de fausses informations. Mais une partie de la gauche souhaite aller plus loin en s’attaquant directement aux plateformes étrangères comme TikTok ou X. Raphaël Glucksmann demande aux autorités françaises et européennes de ne pas avoir « la main qui tremble »
s’il faut sanctionner ces réseaux.
La candidate des Écologistes Marine Tondelier a elle proposé, dans Libération
, de suspendre des réseaux comme X en France le temps de la campagne « en cas d’ingérences constatées en amont »
. Une proposition qui lui a valu d’être accusée par Elon Musk, de « trahison envers la France »
, le milliardaire appelant à la « faire taire »
.
La rédaction de TF1info avec AFP











