Sous les dorures de l’hôtel de Matignon, Sébastien Lecornu reçoit, ce 4 février, une petite dizaine de députés macronistes élus depuis 2017. Le premier ministre sait mettre à l’aise ses convives lors de ces échanges en petit comité dont il a pris l’habitude depuis sa nomination. Alors ce soir-là, entre deux hors-d’œuvre, les parlementaires osent : le chef de gouvernement de 39 ans pourrait-il envisager une candidature présidentielle ? « Prudent comme un sioux », l’intéressé esquive. Le mercredi suivant, même heure, même endroit, la question est de nouveau soulevée par des élus de l’aile droite du parti présidentiel.
« Je n’ai pas le virus de la présidentielle comme [Michel] Barnier ou [François] Bayrou », répète pourtant le premier ministre. Mais Sébastien Lecornu a beau le dire en privé, comme par voie de presse, rien n’y fait. Depuis plusieurs semaines, des élus du camp présidentiel donnent corps à l’hypothèse de sa candidature. L’adoption du budget, soldée par la non-censure du gouvernement, l’a rendu à leurs yeux présidentiable. Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, le reconnaît lui-même : « Dès qu’on met un pied sur le perron de Matignon, on pense au perron de l’Elysée. »
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