Jerome Powell a annoncé mercredi qu’il resterait à la Réserve fédérale américaine (Fed) comme gouverneur à la fin de son mandat de président, et ce tant qu’il ferait l’objet de pressions politico-judiciaires.
Il préside la banque centrale de la première économie mondiale jusqu’au 15 mai mais peut rester au conseil des gouverneurs jusque fin janvier 2028.
« Je partirai quand je le jugerai approprié », a-t-il déclaré en conférence de presse.
Sa décision, qui rompt avec la coutume de laisser le champ libre à son sucsesseur, a été très mal accueillie par l’exécutif.
« C’est une violation de toutes les règles de la Fed », a affirmé sur Fox Business le ministre des Finances Scott Bessent.
Il a ajouté y voir une « insulte » au successeur désigné de Powell, Kevin Warsh, et à d’autres banquiers centraux nommés par le président Trump.
Selon lui, Jerome Powell agit comme si « lui seul pouvait préserver l’intégrité » de l’institution.
Powell, 73 ans, « ne reste que parce qu’il ne trouve pas de travail ailleurs (…) personne ne veut de lui », a ironisé de son côté le chef de l’Etat sur sa plateforme Truth Social.
Son séjour prolongé constitue un revers pour le président qui a cherché à accélérer son départ et souhaite attribuer son siège de gouverneur à quelqu’un d’autre.
Jerome Powell a expliqué qu’il comptait « faire profil bas », ne restant que parce qu’il s’estime toujours menacé par des poursuites judiciaires.
– « Sur parole » –
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump n’hésite pas à déstabiliser la banque centrale parce qu’elle ne fournit pas les baisses de taux d’intérêt qu’il attend.
Reprochant à Powell le dérapage de la facture du chantier de rénovation du siège de la Fed à Washington, il a cautionné l’ouverture d’une enquête judiciaire à son encontre. Celle-ci vient d’être close mais ne semble pas définitivement enterrée.
Il a en parallèle tenté d’évincer la gouverneure Lisa Cook. La Cour suprême doit prochainement trancher sur cette affaire.
« C’est une inquiétude répandue que ce genre de choses puisse continuer », a glissé M. Powell, devenu président en 2018 à l’initiative du républicain Trump, et renouvelé sous le démocrate Joe Biden.
Il semblait globalement détendu pendant la conférence de presse. Il a néanmoins pris le soin d’insister, l’air grave, sur l’importance d’avoir une banque centrale concentrée uniquement sur des objectifs économiques et l’intérêt général, non sur la prochaine échéance électorale.











