Le cadre réglementaire de la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique a été institué par décret, publié au Journal officiel, dimanche 25 janvier. Autrement dit : à l’appui du code de l’environnement, l’adaptation au changement climatique est renforcée dans la réglementation française, et l’ensemble des planifications devra désormais la respecter. Fondé sur un « scénario de référence » établi sur les travaux du GIEC et de Météo-France, le décret mise sur un écart avec la moyenne des températures préindustrielles de + 3 °C en 2100 au niveau mondial, soit + 4 °C en moyenne dans l’Hexagone.
Alors que cette mesure semble aller dans le sens d’une prise en compte des enjeux environnementaux, elle omet en réalité la dimension systémique du réchauffement climatique et ses conséquences sociétales. Les communications de vulgarisation produites par le ministère de l’écologie sont révélatrices à cet égard.
Ici, le ministère suggère explicitement que le respect des accords de Paris [2015] ne nous ferait gagner que 0,4 °C à l’horizon 2100 sans mentionner ce que cela signifie concrètement pour la vie humaine en société. A titre d’exemple, la seule fragilisation de la santé produite par un réchauffement supplémentaire de 0,5 °C équivaut à 153 millions de décès dans le monde. Ailleurs, de nombreuses incompréhensions des enjeux en cours apparaissent sur une carte synthétique annonçant qu’il faut s’attendre à ce qu’en 2100, Lille ait le climat de Bilbao, Paris celui de Montpellier, et Toulouse celui de Valence, en Espagne. Ce serait rassurant si ce n’était que cela. Mais la réalité est tout autre.
Multiplication des événements extrêmes
La stratégie d’adaptation et cette communication réductrice reposent sur le mythe d’une translation climatique : l’idée erronée selon laquelle les climats du Sud vont simplement se déplacer au nord au fil des décennies, sans identifier les conséquences annexes. Mais, compte tenu des impacts systémiques du réchauffement climatique sur la fertilité des sols, de la transformation du cycle de l’eau et de leur capacité d’absorption de l’humidité, pourrons-nous seulement manger à notre faim lorsque Lyon aura le climat de Rome, en 2100 ?
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