- Les relations toxiques reposent sur un chaos émotionnel, rendant difficile de couper les liens.
- Le cerveau, habitué à ces cycles, perçoit la stabilité comme déroutante.
- Reprogrammer son cerveau devient crucial pour retrouver sérénité et sécurité émotionnelle.
Les relations amoureuses, aujourd’hui, sont jonchées de comportements et d’attitudes toxiques. Même si l’on reconnaît les red flags, si l’on sait que l’autre nous fait du mal, il arrive que l’on reste dans cette relation. Dans certains cas, lorsqu’on a réussi à s’échapper et qu’on a quitté cette relation, une autre difficulté survient : rester ou non en contact avec l’autre ? Souvent, les amis et les proches conseillent de « bloquer » l’autre ou de mettre en place un « no contact ». Si ce conseil est sage dans le cadre d’une rupture après une relation toxique, il est plus difficile de l’appliquer.
Le cerveau, accro au chaos et à la survie ?
Pourquoi ? « Dans les relations toxiques, notamment celles impliquant des violences psychologiques, l’attachement fonctionne différemment. Au lieu de la sécurité, le lien se construit autour du chaos et de la survie
« , explique la psychologue Stephanie A. Sarkis. C’est ce qu’on appelle le « lien traumatique ». Or, ce lien se forme lorsque les périodes de connexion et d’affection alternent avec l’imprévisibilité ou le silence radio. Les bons moments sont comme de la dopamine qui active le circuit de la récompense et ils « entretiennent l’espoir d’une amélioration
« , écrit-elle dans Psychology Today.
Le cerveau est très routinier, il aime ce qu’il connaît, ce qui est prévisible. Or, si pendant la majeure partie de votre vie, vous avez vécu dans un cycle de manipulation affective, de dépendance ou de violence psychologique, c’est ce que le cerveau considère comme « normal ». De ce fait, « la paix et la stabilité, telles qu’on les trouve dans une relation saine, peuvent sembler inconnues et déstabilisantes
« . Au contraire, lorsque vous vous retrouvez dans une relation qui alterne entre bons moments et moments difficiles, que l’autre vous blesse mais vous réconforte, « le système nerveux se retrouve bloqué dans une boucle
« . La psychologue indique : « votre cerveau libère des neurotransmetteurs, comme la dopamine, et des hormones, comme l’ocytocine (l’hormone du câlin), lors de moments de soulagement ou de reconnexion
« . Et à chaque bon moment, le cerveau se dit que peut-être, cette fois-ci, ce sera différent. Spoiler alert : ce n’est jamais le cas. Et lorsque vous rompez le contact, ce n’est pas du soulagement que l’on ressent, mais un manque. « Vous pouvez vous sentir anxieux, triste, paniqué ou obsessionnel, même si vous savez que la relation était toxique
« , explique Stephanie A. Sarkis.
Pour sortir de ce cycle, il est nécessaire de « reprogrammer le cerveau ». D’une part, en se rappelant que « l’envie de reprendre le contact n’est pas due à la personne elle-même, mais plutôt à votre désir de vous débarrasser de ces sentiments désagréables
« . D’autre part, la psychologue rappelle que c’est normal de ressentir des symptômes de sevrage, de ressentir du manque et du chagrin, mais qu’au fur et à mesure, cette douleur disparaîtra. Elle indique : « Guérir, ce n’est pas oublier une personne. C’est plutôt reconnaître rapidement ses ruminations et se réorienter vite vers un comportement plus sain
« . L’important est de se concentrer sur soi, de trouver d’autres sources de joie et de sécurité émotionnelle.








