- À 23h30 mercredi, l’association Antoine Alléno a hacké le décompte du Nouvel An.
- Sur l’Arc de Triomphe, l’année 2036 a été affichée durant quelques minutes.
- Le but : sensibiliser sur l’alcool et les drogues au volant.
« 2036. N’attendez pas 10 ans pour fêter votre prochain Nouvel An. »
Ce mercredi 31 décembre, l’Association Antoine Alléno avec la mairie de Paris a décidé de projeter un message fort sur l’Arc de Triomphe. L’organisation a « hacké » le décompte officiel pour la nouvelle année pour y diffuser son message sur la place de l’Étoile. Le but : appeler à la plus grande prudence et à la responsabilité en cette nuit de fête, « connue pour être l’une des plus meurtrières de l’année sur les routes »,
détaille l’association dans un communiqué.
Vers 23h30, l’Arc de Triomphe s’est illuminé tout en bleu – les couleurs de l’association Antoine Alléno, fils du chef cuisinier tué par un chauffard en mai 2022 – puis est apparu « 2036 » sur le haut du monument, avant la phrase : « N’attendez pas 10 ans pour fêter votre prochain Nouvel An »,
en référence à la peine de 10 ans maximum encourue depuis la nouvelle appellation d’homicide routier.
Puis se sont succédé deux autres messages: « Ce soir pas d’alcool ou de drogues au volant »
et « Prenez soin de vous et des autres »,
avant les célébrations du passage à la nouvelle année pour lesquelles des centaines de milliers de personnes étaient réunies sur les Champs-Élysées.
L’association Antoine Alléno s’est battue pour que soit adoptée la loi sur l’homicide routier (nouvelle fenêtre), une notion qui a délogé celle de l’homicide involontaire, jusque-là la norme dans le cas d’accidents de la route provoqués avec circonstances aggravantes. Depuis le 9 juillet, toute personne ayant provoqué un accident de la route avec une circonstance aggravante est passible de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende, des peines portées à dix ans d’emprisonnement et à 150.000 euros d’amende lorsque l’homicide routier a été commis avec deux circonstances aggravantes ou plus.
Les circonstances aggravantes sont la violation du Code de la route, l’état d’ivresse, la consommation de stupéfiants, la consommation de substances psychotropes, l’absence de permis de conduire, un dépassement de la vitesse maximale autorisée de plus de 30 km/h, le délit de fuite, l’usage du téléphone portable, le refus d’obtempérer et les rodéos urbains.
« Cette loi, nous l’avons arrachée à l’issue de trois ans de combat aux côtés de familles qui refusaient d’accepter que la mort de leurs enfants soit rangée dans la catégorie des ‘homicides involontaires’, accidentels. Prendre le volant alors que l’on n’est pas en état de conduire, c’est un choix qui coûte des vies,
rappelle ainsi Yannick Alléno dans un communiqué. Cette différence, la loi la reconnaît enfin. Mais cela ne suffit pas. Il faut que, ce soir, quand quelqu’un s’apprête à prendre le volant après avoir bu, il pense à ceux qu’il met en danger, aux drames que cela peut engendrer, et aux 10 ans d’emprisonnement qu’il encourt dorénavant si le pire arrive ».
Selon le bilan de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), en 2024, 3.193 personnes sont décédées sur les routes en France métropolitaine. Parmi elles, 529 étaient de jeunes adultes (18-24 ans), soit 30% des tués, et 140 avaient moins de 18 ans.











