Rares sont les photographes à signer des images immédiatement reconnaissables. Sarah Moon est de ces artistes qui réalisent des clichés au style inimitable. Elle produit des photos aussi élégantes que mystérieuses… « Son univers baigne dans une ambiance de conte de fées. Dans ses clairs-obscurs crépusculaires semble toujours planer une menace », dit à son propos son ami, écrivain et cinéaste, Alain Fleischer.
Parcourus d’un léger tremblé, ses portraits évoquent des scènes de rêve. Si le flou est omniprésent dans les photos de Sarah Moon, si un frisson parcourt ses modèles au moment de la prise de vue, ce n’est pas seulement à cause de cette vibration tellurique qui traverse ses visions. Ce discret « sfumato », qui introduit une subtile dynamique à ses images fixes, résulte du fait que ses modèles posent traditionnellement dans une faible lumière.
Tressaillements
Les images de Sarah Moon tressaillent en raison du temps de pose (un peu long) qu’impose l’absence de projecteurs. Ne recourant pas systématiquement à un trépied, le mouvement de sa respiration imprime à ses photos ce « brouillage magnétique » qui hypnotise le regard. Habitués que nous sommes aux flashes qui chassent tout relief, nous découvrons dans ses images une noirceur profonde, révélée par le tireur Patrick Toussaint qu’elle partage avec Raymond Depardon.
« Fashion 4 », photo de la collection 1996 de Yohji Yamamoto, réalisée par Sarah Moon. © Editions Delpire
Cette manière de photographier ma […] Lire la suite