jeudi, mai 28

  • Les droitiers représentent 85% à 90% de la population mondiale, un mystère lié à l’évolution humaine.
  • Une étude d’Oxford révèle que la bipédie et l’expansion cérébrale ont favorisé cette latéralisation.
  • La culture aurait amplifié cette tendance, mais des recherches restent nécessaires.

C’est l’un des plus grands mystères de l’évolution humaine que les scientifiques n’ont pas encore vraiment réussi à percer. On estime que les droitiers représentent entre 85% et 90% de la population mondiale. En 2019, une étude a été menée (nouvelle fenêtre) par l’Institut Max Planck aux Pays-Bas. Son auteur principal, le professeur Clyde Francks, expliquait que « le fait d’être droitier est le résultat par défaut du développement précoce du cerveau tel qu’il est codé par le génome« . Récemment, des chercheurs ont décidé de creuser plus loin grâce à une nouvelle étude réalisée par l’Université d’Oxford et publiée dans la prestigieuse revue PLOS Biology (nouvelle fenêtre). D’après eux, le mystère entourant la raison pour laquelle les humains sont devenus si majoritairement droitiers (nouvelle fenêtre)réside dans deux caractéristiques déterminantes de notre évolution : d’une part, la marche sur deux jambes, et d’autre part l’expansion du cerveau humain.

La libération des membres supérieurs

Pour mener leur recherche, les scientifiques ont d’abord collecté des données concernant 2.025 individus appartenant à 41 espèces de singes et de grands singes. Puis ils ont testé différentes hypothèses pouvant expliquer la latéralité manuelle et ont constaté que les humains se distinguaient des autres primates lorsque deux facteurs entraient en jeu : la longueur des bras et des jambes, et la taille du cerveau. « L’adoption initiale d’une démarche bipède a libéré les membres supérieurs, créant de nouvelles possibilités pour l’utilisation d’outils, la communication gestuelle et d’autres comportements moteurs fins pour lesquels la latéralisation aurait conféré des avantages fonctionnels« , notent ainsi les chercheurs dans les résultats de leur étude. 

Ils ajoutent : « l’augmentation du volume cérébral et la réorganisation corticale associée ont probablement favorisé une plus grande spécialisation hémisphérique, améliorant ainsi l’efficacité neuronale de ces comportements latéralisés, notamment après l’émergence du genre Homo« . Et de conclure : « Dans ce contexte, le changement locomoteur initial induit par la bipédie peut être perçu comme offrant des opportunités écologiques et anatomiques pour la spécialisation manuelle, tandis que l’encéphalisation a pu ultérieurement renforcer et canaliser davantage les schémas de latéralisation à l’échelle de la population. » 

Quant à savoir pourquoi la main droite plutôt que la main gauche, les scientifiques estiment que « la culture a pu agir simultanément ou amplifier les effets de cette évolution vers la latéralisation manuelle droite chez les humains« . Autrement dit, à mesure que le cerveau s’est développé et s’est réorganisé au cours de l’évolution, la latéralisation droite s’est consolidée pour devenir le « schéma quasi universel« , ce que l’on ne trouve pas chez les autres primates. Néanmoins, les scientifiques estiment que des recherches supplémentaires doivent être menées sur le rôle de la culture humaine dans cette latéralité droite.

Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

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