- Il faudrait s’exposer chaque jour à des situations stressantes pour mieux y faire face.
- Cela permet au cerveau de se remodeler.
- Sortir de sa zone de confort aiderait à être plus serein.
Pourrons-nous bientôt être « vaccinés »
contre le stress ? Des chercheurs ont testé cette hypothèse pour voir si le fait de s’exposer à des situations stressantes chaque jour pouvait aider à mieux résister aux pressions et aux problèmes de la vie. Selon un article publié dans le magazine scientifique New Scientist
(nouvelle fenêtre), cette technique d’exposition au stress a souvent été étudiée chez les militaires. Les soldats qui étaient exposés à des simulations stressantes, et auxquels on fournissait les outils pour y répondre, pouvaient être moins sujets au stress.
Ainsi, les élèves militaires qui avaient suivi une formation à la résilience affichaient des taux de cortisol (nouvelle fenêtre) plus bas lors d’exercices militaires intenses ultérieurs par rapport à ceux qui n’avaient pas suivi cette formation. Au quotidien, les chercheurs assurent qu’il n’est pas nécessaire de suivre une formation militaire pour renforcer sa résilience, mais que s’exposer délibérément à un stress quotidien gérable est suffisant pour augmenter sa résistance au stress.
S’exposer à un stress modéré et gérable
Parvenir à surmonter des situations stressantes remodèle le cerveau et change l’ensemble du « réseau du stress »
. Dans le détail, des changements sont visibles au niveau du cortex préfrontal, qui régule les émotions, mais aussi vers l’hippocampe, qui s’occupe de la mémoire, ou encore de l’amygdale, qui détecte les menaces. Ainsi, lorsque des personnes s’exposent volontairement à des facteurs de stress modérés, les circuits du cerveau s’adaptent pour faciliter la gestion des défis futurs et aider le corps à revenir plus rapidement à son état normal.
Cependant, pour que cela fonctionne, il est crucial que le stress reste gérable. Julie Vasku, chercheuse à l’université Masaryk, en République tchèque, explique que le stress modéré est une situation dans laquelle on ressent une sorte de malaise supportable. « Cela ne doit pas être accablant. Dès que c’est accablant, cela devient traumatisant »
, détaille-t-elle.
Transformer sa perception de la peur
Le but de cette exposition au stress est de bousculer ses habitudes de manière intentionnelle, que ce soit en parlant à des inconnus, en se rendant dans un quartier sans GPS, en prenant la parole lors d’une réunion. Ces défis du quotidien agissent comme des « rappels »
de vaccin pour notre système nerveux.
En effectuant ces petites actions, progressivement, nous parvenons à transformer notre perception de la peur. L’accélération du rythme cardiaque n’est plus seulement vue comme un signal de danger, mais plutôt comme une mobilisation d’énergie. Tout cela sert à ne plus subir le stress, mais à le pratiquer. Au fur et à mesure, quelque chose qui paraissait insurmontable six mois plus tôt devient une formalité. Sortir régulièrement de sa zone de confort en s’exposant à de petits pics de stress maîtrisés aide ainsi à devenir plus souple, plus réactif et plus serein.











