Le poste-frontière de Kapiköy est, en temps normal, l’un des trois points de passage les plus animés de la frontière turco-iranienne, longue de plus de 500 kilomètres. Autour de l’imposant bureau de douane se trouvent plusieurs rangées de taxis collectifs, quelques autocars et une poignée de petits cafés où l’on s’assoit autour d’un poêle à bois et d’un thé brûlant. De là, la route mène en un peu plus d’une heure à la ville carrefour de Van, première agglomération de cet extrême Est turc. Mais il flotte désormais sur place un air de deuil et de détresse.
Depuis la répression qui s’est abattue sur les manifestants iraniens à partir du 8 janvier et la coupure d’Internet sur pratiquement tout le territoire de la République islamique, ils sont des centaines, peut-être 1 000, voire plus, chaque jour, à traverser à pied, seuls ou par petits groupes, le long corridor qui enjambe la frontière, le regard las et la peur au ventre. Aucune statistique ni décompte officiel n’évalue le nombre d’Iraniens qui sont parvenus à fouler le sol turc ces quinze derniers jours. Seuls leurs témoignages permettent de se faire une idée de la situation.
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