En juin 2021, Novo Nordisk avait touché le gros lot en commercialisant le premier médicament anti-obésité aux Etats-Unis, le Wegovy. Le laboratoire danois, spécialiste du diabète, avait alors plus de deux ans d’avance sur son concurrent américain Eli Lilly. Mais jouer les précurseurs ne garantit pas de dominer durablement un marché. En 2025, son rival est devenu numéro un de ce lucratif segment, et Novo Nordisk peine à le rattraper.
Côté innovation, pourtant, le danois mène encore la danse. Il a lancé, début janvier, des comprimés anti-obésité, plus faciles à administrer que la forme injectable, quand l’homologation de l’équivalent chez Eli Lilly n’est pas prévue avant avril. Les investisseurs espéraient que cet avantage redonnerait de l’élan au laboratoire européen, mais ce dernier leur a coupé l’appétit en annonçant, mercredi 4 février, anticiper une baisse de 5 % à 13 % de son chiffre d’affaires en 2026. L’action Novo Nordisk a plongé de plus de 17 %. Le même jour, Eli Lilly affichait des prévisions de ventes, pour 2026, en croissance d’environ 25 %, meilleures qu’attendu.
A priori, les deux laboratoires pâtissent du même contexte. Ils ont signé des accords avec le président américain, Donald Trump, qui limitent le prix des traitements pour les patients américains sur les pilules amaigrissantes. Mais Eli Lilly semble moins pénalisé que Novo Nordisk. Ce dernier va devoir affronter la concurrence des fabricants de génériques, après l’expiration prochaine des brevets sur ses premières molécules. L’américain, de son côté, a mieux manœuvré pour contrer les imitateurs.
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