Zoé (le prénom a été changé), 12 ans, souffre de retards de développement. Pierre, 28 ans, a été diagnostiqué en 2023 avec un mélanome extrêmement agressif. Ariane, 65 ans, est atteinte d’un cancer du sein depuis 2025. Zoé, Pierre et Ariane ont deux points communs : ils vivent à proximité de la « vallée de la chimie », au sud de Lyon, et se demandent si leurs pathologies sont liées aux quantités importantes de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) retrouvées dans leur corps.
Avec 189 autres riverains de la plate-forme chimique d’Oullins-Pierre-Bénite, ils ont décidé de demander des comptes à Arkema et Daikin Chemicals, les deux groupes suspectés d’être à l’origine de la plus importante zone de pollution aux PFAS identifiée à ce jour en France et où résident plus de 200 000 personnes.
Selon les informations du Monde, les deux industriels ont été assignés devant le tribunal judiciaire de Lyon, jeudi 29 janvier. Les 192 requérants – dont 25 mineurs – sont accompagnés dans leur démarche par quatre associations (Notre affaire à tous, Eau bien commun Lyon-Métropole, Sauvegarde des coteaux du Lyonnais et Sauvegarde de la vallée de Francheville) également parties au recours. Dans l’assignation, que Le Monde a pu consulter, ils sollicitent la condamnation des deux entreprises à « réparer leurs préjudices ». Le cabinet Kaizen Avocats, qui élabore le dossier juridique (données médicales, analyses sanguines, d’eau et de sols…) depuis un an, réclame 190 000 euros par requérant pour l’ensemble des préjudices identifiés, soit près de 36,5 millions d’euros.
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