- Énergivore, très consommatrice d’eau potable, employés mal payés… L’industrie de la mode, la fast fashion en tête, fait beaucoup de mal à la planète.
- Les délocalisations font perdre beaucoup d’emplois.
- Dans le podcast « Impact Positif », Sylvia Amicone reçoit cette semaine Guillaume Gibault, fondateur du Slip français.
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Impact positif
Comment couper les ailes de la fast fashion ? Temu et Shein, par exemple, vendent des pièces de vêtement à prix cassé, d’une qualité médiocre, voire jetables au bout de quelques semaines et produits à l’autre bout de la planète. Ces entreprises produisent massivement, très vite et à très bas coût pour inonder le marché.
Réponse : produire en France des produits pas chers et de qualité. Guillaume Gibault, fondateur du Slip français, fait le pari qu’il faut changer de slip pour changer le monde. Il développe sa stratégie dans le podcast de celles et ceux qui ont un impact positif sur la société et sur le monde, à écouter ci-dessus. L’émission est diffusée tous les samedis après-midi sur LCI, canal 15 de la TNT. Il rappelle qu’en France, chaque année, le marché de la mode met 3,3 milliards de vêtements en circulation : « Nous en jetons 35 chaque seconde. »
Après la commercialisation des slips, il se lance sur le marché du t-shirt à destination des entreprises, institutions ou associations : « Les t-shirts fournis à l’occasion d’événements professionnels ou associatifs sont souvent de mauvaises qualités et viennent du bout du monde. Les patrons et collectivités portent une responsabilité pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre. »
Le Slip français propose des t-shirts publicitaires à 7,90 euros hors taxe l’unité. Entreprises et associations peuvent personnaliser ce maillot baptisé « Fier(T). » aux couleurs de leurs événements : « Nous pensons à l’impact social de cette industrie qui a détruit 90% des emplois en trente ans. Nos emplois locaux sont correctement rémunérés. Nos produits sont garantis deux ans et nous les réparons dans notre usine d’Aubervilliers. »
Tricotage, peinture, packaging… Le Slip français fabrique ses sous-vêtements de A à Z en France. En plus de la centaine d’emplois directs, l’entreprise à impact emploie indirectement en équivalent temps plein plus de 200 personnes dans les 40 ateliers partenaires. « Le made in France est dans la poche »
, se réjouit l’entrepreneur : « Nous utilisons de la matière de qualité. Pour vous donner une idée, notre t-shirt pèse 150 grammes. »
« Plus simple de partir loin pour produire moins cher »
Difficile de produire à proximité en baissant ces coûts. Pour s’en sortir, l’entrepreneur fait le pari d’augmenter son volume de production : « Pour produire moins cher, c’est plus simple de partir loin plutôt que d’acheter des machines automates. Nous en avons qui font des ourlets automatiquement. De quoi nous permettre de gagner du temps. »
L’entreprise achète massivement de la matière première pour diminuer son coût de revient : « Beaucoup d’entreprises se lancent dans la production en France, mais elles ne se préoccupent pas du prix. Mais tous les Français ne peuvent pas se payer un t-shirt à 70 ou 80 euros. »
L’entreprise affiche un bilan positif avec une croissance de 10% par an depuis 2024. Elle ambitionne toujours de créer de l’emploi et de minimiser l’impact carbone de ses produits. « Fabriquer des slips, ici en France, c’est soutenir l’emploi et le moral des Français. On n’a pas de recette magique, mais du courage et de la fierté à revendre »
, assure Guillaume Gibault. Pour l’entrepreneur, Shein n’est pas le problème : « Les responsables restent chacun de nous. Nos achats sont nos emplois. Le juge de paix reste le bon produit au bon prix. Les Français sont prêts à soutenir le made in France. Si nous vendons nos produits trop chers, les consommateurs ne suivent pas. À nous d’inventer des choses qui sortent du commun. »










