Sous une allure discrète, blazer bleu, pantalon gris et mince cravate rayée, Pierre Merlin, mort le 3 février à 98 ans, était un homme original et talentueux, à la fois ingénieur, statisticien, démographe, géographe, urbaniste. Universitaire engagé, il avait été président d’université à une époque très agitée pour le haut enseignement français et en un lieu des plus turbulents, sinon le plus mouvementé du pays.
Né en 1937 à Metz, il est très tôt orphelin de son père, officier de marine tué en 1940, et bientôt de sa mère. Pupille de la nation, élève au Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe) puis à l’Ecole polytechnique, Pierre Merlin mènera par la suite une longue carrière dans l’aménagement du territoire et la planification des transports urbains.
Après une thèse de troisième cycle de démographie locale et un doctorat d’Etat soutenu en 1966 sur « Les transports parisiens : étude de géographie économique et sociale », où il a mis au point la méthode de calcul de rentabilité économique qui a servi à la décision de construire le Réseau express régional (RER), il rejoint comme professeur l’université Paris-VIII Vincennes dès sa création par Edgar Faure en 1968, tout en continuant à participer aux travaux de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France (aujourd’hui Institut Paris Région).
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