Plusieurs coups de feu ont été entendus mercredi 13 mai par des journalistes de l’AFP présents au Sénat aux Philippines, où se trouve un sénateur recherché par la Cour pénale internationale (CPI).
Au moins cinq coups de feu ont retenti, quelques minutes après l’entrée de plusieurs soldats philippins, armés de fusils et de gilets pare-balles, ont constaté les journalistes.
Ronald Dela Rosa, sénateur en exercice et ex-chef de la police, est réfugié depuis trois jours dans la Chambre haute pour échapper à son arrestation, pendant que le gouvernement tente de mettre en œuvre le mandat d’arrêt international délivré par la CPI en novembre dernier.
« Nous sommes attaqués », a déclaré le président du Sénat Alan Peter Cayetano, allié de Dela Rosa, dans une vidéo diffusée en direct sur sa page Facebook, sans fournir plus de précisions.
Robin Padilla, un sénateur également allié de Dela Rosa, a ensuite été vu en train de monter les escaliers tout en demandant aux journalistes à quitter les lieux.
Ronald Dela Rosa avait auparavant exhorté l’armée à mettre fin aux tentatives du gouvernement visant à l’arrêter et à l’extrader vers les Pays-Bas pour y être jugé pour crimes contre l’humanité.
Plus connu sous son surnom de « Bato », Ronald Dela Rosa a été désigné par la CPI comme co-auteur dans la guerre contre la drogue de l’ancien président Rodrigo Duterte et est également accusé de crimes contre l’humanité pour meurtre.
« Je n’appelle pas à un soutien violent. J’appelle à un soutien pacifique », avait-il dit aux journalistes.
« Camarades en uniforme »
Il a exhorté ses « camarades en uniforme » et ses anciens camarades de classe de l’Académie militaire des Philippines, qui forme la majeure partie du corps des officiers des forces armées, à « faire entendre leur voix » pour que le gouvernement du président Ferdinand Marcos ne le « livre pas aux étrangers ».
Mercredi, devant le Sénat, environ 500 policiers anti-émeutes ont fait face à quelque 250 manifestants qui réclamaient l’arrestation et la remise à la CPI d’une personne qu’ils décrivaient comme « l’architecte » de la guerre contre la drogue menée par Rodrigo Duterte.
Le sénateur était chef de la police entre 2016 et 2018, soit pendant les deux premières années de Rodrigo Duterte au pouvoir.
L’ancien président philippin Rodrigo Duterte a été arrêté à Manille le 11 mars 2025 et est actuellement détenu à la prison de Scheveningen, à La Haye.
La CPI, qui siège à La Haye, a confirmé le mois dernier le chef d’accusation de crimes contre l’humanité à l’encontre de Rodrigo Duterte, commis pendant sa « guerre contre la drogue ».
Les procureurs de la cour lui reprochent d’être impliqué dans au moins 76 meurtres liés à cette « guerre » qui aurait fait des milliers de victimes.
Ronald Dela Rosa n’avait pas été vu en public depuis novembre, mais est apparu lundi pour participer à un vote inattendu qui a permis aux partisans de Rodrigo Duterte de prendre le contrôle du Sénat.
La nouvelle direction du Sénat a déclaré qu’elle n’autoriserait l’arrestation de Ronald Dela Rosa que si celle-ci était ordonnée par un tribunal philippin.
Avec AFP











