A deux mois des élections générales, dont le premier tour a lieu le 12 avril, le Pérou est pris dans une nouvelle spirale d’instabilité politique. Mardi 17 février, le Congrès a voté à la majorité – 75 votes pour, 24 contre – la destitution du président de droite par intérim, José Jeri, pour « inconduite » et « manque d’aptitude » à exercer ses fonctions, après seulement quatre mois au pouvoir. Il avait succédé à la présidente Dina Boluarte, elle-même destituée le 10 octobre 2025 par le Congrès ; elle avait, elle aussi, été désignée présidente par intérim après la destitution de Pedro Castillo en 2022, dernier président élu.
Sept motions avaient été déposées contre José Jeri par une minorité de gauche, mais aussi par un bloc de partis de droite, majoritaires au Congrès, qui l’avait porté au pouvoir. Seule la formation fujimoriste (droite, du nom de l’ex-président Alberto Fujimori, 1990-2000) l’a soutenu jusqu’au bout, alléguant vouloir garantir la « stabilité » du pays à la veille du processus électoral.
Cette nouvelle destitution est le symbole d’un système à bout de souffle, maintenu par un monde politique ayant perdu toute légitimité aux yeux de la population. Les pouvoirs exécutif et législatif sont accusés de faire sombrer le Pérou dans une crise politique sans fin, incapables de s’attaquer au problème numéro un : l’insécurité galopante sur fond de crime organisé. En octobre, la population était massivement descendue dans la rue, dénonçant à la fois le niveau de violence, la corruption généralisée et la gabegie des élites, précipitant la destitution de Dina Boluarte.
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