- Atmo France, qui fédère des associations de suivi de la qualité de l’air, a mis au point une carte interactive recensant les pesticides présents dans l’air, jusqu’au niveau local.
- Si aucune valeur réglementaire n’a été fixée en la matière, cet outil vise à fournir des « repères » à la fois aux citoyens, mais aussi aux responsables politiques.
- Cette carte montre d’ores et déjà que ces substances ont été détectées partout en France.
Le constat ne fait désormais plus de doute : « Des pesticides sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire »
. Pour mieux documenter la diffusion de ces substances, Atmo France lance ce lundi une carte nationale et interactive recensant les pesticides que l’on respire au quotidien (nouvelle fenêtre), à la fois en métropole et dans l’outre-mer. Ce nouvel outil, baptisé « PhytAtmo Dataviz »
, doit permettre « de comprendre où, quand et dans quels contextes des pesticides sont mesurés dans l’air »
, détaille dans un communiqué l’organisation, qui fédère les associations de surveillance de la qualité de l’air.
« La présence de pesticides dans l’air soulève de nombreuses questions environnementales et sanitaires. Même à de très faibles concentrations, ces substances peuvent contribuer à une exposition diffuse et répétée, alimentant les inquiétudes de la population quant à leurs
effets potentiels sur la santé
(nouvelle fenêtre)«
, constate-t-elle. Face à cette situation, Atmo France a décidé de lancer un outil qui « rend accessible au plus grand nombre les données issues des mesures de pesticides respirés par la population »
.
Une carte pour « renforcer la vigilance collective »
Concrètement, cette carte interactive détaille le nombre de substances actives détectées sur un lieu choisi, mais aussi les évolutions des concentrations hebdomadaires sur place. L’objectif n’est pas d’offrir une « évaluation sanitaire »
, mais déjà des « repères pour éclairer les enjeux d’exposition, la prévention et la décision publique »
, tandis qu’aucune valeur réglementaire n’a été fixée à ce jour pour les pesticides dans l’air (nouvelle fenêtre).
Cette « datavisualisation »
s’adresse ainsi à la fois aux citoyens sans expertise particulière, « grâce à une présentation pédagogique et transparente »
, mais aussi aux « décideurs publics »
et « acteurs et responsables agricoles »
, pour une meilleure prise de conscience des niveaux d’exposition. « Notre objectif est de fournir une information partagée, objectivée et compréhensible pour nourrir le débat public, éclairer les décisions et renforcer
la vigilance collective
(nouvelle fenêtre)«
, insiste Catherine Hervieu, présidente d’Atmo France et citée dans le communiqué.
Des « jauges de positionnement » pour se repérer
« En raison du temps nécessaire pour les analyses et la consolidation des données, la publication des cartes se fait avec un an de décalage »
, prévient toutefois Atmo France. La première version de la carte intégrera des données 2022-2023, puis celles de 2026 seront ajoutées d’ici juin prochain, avant une mise à jour chaque année.
PhytAtmo Dataviz propose ainsi des « jauges de positionnement »
, pour comparer les concentrations mesurées localement avec les valeurs minimales et maximales enregistrées sur l’année. Mais aussi avec les concentrations moyennes sur l’ensemble du pays, calculées sur 2022 et 2023 « à partir de sites dits
de fond«
.
Ces premières analyses permettent d’ores et déjà de dresser des constats inquiétants : des pesticides ont été repérés dans l’air partout à travers le territoire national (nouvelle fenêtre). « En 2023, parmi les 72 substances actives recherchées, environ un tiers est détecté et une sur huit est quantifiée, avec des niveaux variables selon les territoires et les périodes d’usage »
, détaille Atmo France.
Des substances bien connues, comme le glyphosate issu du Roundup notamment, ont été repérées « à des niveaux très faibles »
. Mais cette carte a aussi permis de détecter des « molécules interdites depuis plusieurs années, encore présentes en raison de leur persistance environnementale, comme le lindane »
. Ce pesticide a été interdit il y a plus de vingt ans, mais se retrouve encore aujourd’hui « dans 61% des prélèvements sur 2022-2023 »
.











