Des T-shirts étalés sur le sable pour commémorer les disparus: sur une plage du Pas-de-Calais, un collectif d’associations de soutien aux exilés a mené ce samedi 8 août une action demandant plus de moyens en mer pour secourir ceux qui tentent de traverser la Manche.
« La crise migratoire et ces décès à répétition, c’est quelque chose qu’on voit de plus en plus. On se sent concernés », a témoigné Thibaut, un médecin de 32 ans habitué de cette plage d’Hardelot, à Neufchâtel-Hardelot, entouré de plusieurs dizaines d’autres curieux et de touristes venus profiter d’une journée ensoleillée en bord de mer.
Sur le sable, environ 240 T-shirts et quelques peluches ont été disposés, « pour commémorer les personnes décédées et disparues dans la Manche » depuis 2018, selon les chiffres d’Utopia 56, a expliqué à l’AFP Angèle Vettorello, co-coordinatrice de l’antenne de cette association d’aide aux migrants à Calais.
Un « manque de moyens » de secours en mer
Des gilets de sauvetage complètent l’ensemble, pour dénoncer un « manque de moyens » de secours en mer.
Une semaine plus tôt, quatre personnes sont mortes en tentant clandestinement de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni, dont une au large de cette plage du Pas-de-Calais.
Mardi, 173 personnes parties en « small boat » de Seine-Maritime, plus au Sud, ont été secourues par des navires français et britanniques au large de Boulogne-sur-Mer. C’est l’une des plus importantes interventions de secours du genre depuis le début des traversées de la Manche à bord de canots de fortune en 2018.
« Les personnes partent de plus en plus loin (…) sauf qu’il n’y a pas plus de bateaux de sauvetage mis sur cette côte-là en réponse », pointe Angèle Vettorello, rappelant que l’action menée par le collectif d’associations vise aussi à demander plus de moyens à l’État pour sécuriser ces embarcations en mer.
Ils veulent « éviter les plages les plus sécurisées »
Elvina Coulard, conseillère municipale de la commune voisine de Saint-Étienne, a dit à l’AFP assister « tous les jours » à des départs depuis Hardelot.
« Avant on voyait ça à la tombée de la nuit, maintenant c’est n’importe quand. Ils prennent tous les risques », a-t-elle déploré, s’attendant à voir des départs « dans l’après-midi » vu les conditions météo.
Ils veulent « éviter les plages les plus sécurisées », a détaillé Angèle Vettorello, pointant la « sécurisation constante des plages » qui, selon elle, « augmente » les risques pour les exilés qui tentent les traversées.
Article original publié sur BFMTV.com











