- Parler de ses problèmes de couple à ses amis est un réflexe humain.
- Néanmoins, cela nécessite une certaine prudence.
- Le psychologue Pascal Anger nous explique qu’il est crucial d’apprendre à trier ce qu’on partage.
La vie en couple est rarement un long fleuve tranquille. Quand des crises surviennent entre les partenaires, il n’est pas rare d’avoir envie de se sentir conseillé, soutenu ou juste écouté. Et dans ces cas-là, le réflexe (très humain) est de se tourner vers les proches, que ce soit la famille ou les amis. Néanmoins, pour le psychologue Pascal Anger, interrogé par TF1info, il est important de savoir « tourner sa langue dans sa bouche avant de parler
« , notamment lorsqu’on s’épanche auprès de ses amis.
Certes, il est important de parler de son mal-être, mais « il faut faire attention à ce que ce ne soit pas trop dans l’intimité
« . Et de préciser : « Tous les sujets peuvent être abordés, mais pas avec tout le monde et pas n’importe comment. Je dirais que, par exemple, sur la sexualité, on peut parler de généralités mais pas de son intimité à soi, parce que ça peut mettre l’autre mal à l’aise
« . De même, le psychologue conseille d’éviter d’aborder les problèmes concernant la situation financière, le passé difficile du partenaire ou de révéler des détails intimes qui concernent le ou la partenaire. « Si c’est notre partenaire qui a une grave maladie, à ce moment-là, il faut peut-être le laisser en parler ou la laisser en parler
« , précise-t-il. Pascal Anger rappelle ainsi que « c’est important de parfois pouvoir parler, mais parfois il est aussi important de ne pas justement parler. Donc, il faut apprendre à faire le tri dans tout ce qu’on peut lire, dans ce qu’on peut découvrir
« . Car, dans ces cas-là, « les propos peuvent se retourner contre vous
» et, en plus d’avoir brisé le contrat de confiance, on se retrouve dans une situation de trahison. En revanche, si les confidences portent sur une violence conjugale, là, « il me semble important de pouvoir se libérer, de le dire. Mais il faut le faire auprès d’oreilles qui sont bien entendantes et qui ne vont pas risquer, justement, d’aller rapporter les propos
« .
Les amis ne sont pas des psys
Le principe est donc de faire attention à pourquoi on se confie et à qui on se confie, car les amis ont tous des liens différents, des opinions et des positionnements différents. Parfois, leurs avis ou leur perception du ou de la partenaire peuvent même biaiser ou venir parasiter la discussion. « Il faut faire attention aux désaccords qu’il pourrait y avoir, justement, entre vos amis et votre conjoint ou la personne avec qui vous êtes en lien
« , indique le psychologue. Et même si on a l’impression que se confier va libérer, s’enlever un poids et qu’on peut tout leur dire, les amis ne sont pas des psys. « On est dans une confusion des genres, parce que l’ami va assez souvent revenir sur ses problématiques à lui, et dire : ‘moi, j’aurais fait comme ça’, il va essayer de se mettre à votre place, mais on n’est jamais à votre place
« . Or, chaque lien, chaque personne est singulière, tout comme chaque relation l’est.
Par ailleurs, le besoin de se confier à ses amis sur ses problèmes de couple peut révéler un problème de communication au sein même du couple, mais ce n’est pas toujours le cas. « Il y a des gens qui ont besoin de parler, de se livrer, et qui sont bavards, et qui vivent ouverts
« , mais le psychologue insiste : « Il faut faire attention de ne pas tout dévoiler à tout le monde. Il y a vraiment les amis, et puis il y a les connaissances
« . Pour Pascal Anger, le mieux restera toujours de parler à un professionnel en cas de problèmes conjugaux. « On peut en parler comme ça, dans des généralités aux amis, mais si c’est profond et que ça vient toucher des choses en nous, confiez-vous à un professionnel
« , conclut le psychologue.











