- L’armée mexicaine a abattu dimanche le baron de la drogue Nemesio Oseguera, alias « El Mencho ».
- En représailles, ses hommes ont attaqué les forces de l’ordre dans la plupart des États du pays.
- La France et plusieurs pays ont appelé leurs ressortissants à la plus grande prudence.
La riposte du Jalisco Nueva Generación
(CJNG). Le puissant cartel mexicain sème le chaos depuis dimanche 22 février au Mexique en représailles à la mort de son chef, Nemesio « El Mencho » Oseguera. Les écoles et les tribunaux fermés, des touristes appelés à se mettre à l’abri… Les narcotrafiquants ont exprimé leur colère aux quatre coins du pays.
Que s’est-il passé ?
Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », a été mortellement blessé à l’âge de 59 ans lors d’une opération dans la localité de Tapalpa, dans l’État de Jalisco. Il est décédé durant son transport vers Mexico. À la tête du CJNG, il était l’un des barons de la drogue les plus recherchés par le Mexique et les États-Unis, qui offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour sa capture.
Au total, sept membres du gang ont été tués et trois soldats blessés. Deux membres du CJNG ont été arrêtés et diverses armes saisies, notamment des lance-roquettes capables d’abattre des avions et de détruire des véhicules blindés, selon les militaires mexicains.
Pourquoi ce déferlement de violences ?
Son chef mort, le cartel a montré son pouvoir tentaculaire en bloquant des routes et en incendiant des véhicules dans son fief de Jalisco. Le reste du pays n’a pas été épargné : 20 des 32 États du pays ont été le théâtre de scènes de violence. Des hommes armés ont mis le feu à des dizaines de commerces et semé la terreur parmi la population. Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent les membres du cartel équipés comme s’il s’agissait d’une armée. Mais aussi des touristes, l’air éberlués, filmant depuis des plages des panaches de fumée disséminés dans les villes. Notamment Guadalajara : après un appel lancé à la population pour qu’elle se mette à l’abri, la municipalité – qui doit accueillir quatre matchs de la Coupe du monde de football 2026 – s’est retrouvée paralysée.
Chaos au Mexique après la mort d’un chef de cartelSource : TF1 Info
Au moins huit États ont suspendu lundi les cours en présentiel et le pouvoir judiciaire a autorisé les juges à maintenir les tribunaux fermés lorsqu’ils l’estimaient nécessaire, tandis que la présidente Claudia Sheinbaum a appelé au calme.
Quelle est la réaction de la France ?
Le Quai d’Orsay a recommandé aux Français « résidents ou de passage
» dans l’État du Jalisco (notamment Guadalajara, Puerto Vallarta et Tapalpa), « de faire preuve de la plus grande prudence et de rester confinés pendant la durée de ces opérations
« . En outre, il est demandé aux ressortissants se trouvant dans les États du Michoacán, Guanajuato, Nayarit, Colima, Aguascalientes et Tamaulipas « de faire preuve de la plus grande prudence et de suivre en particulier les mesures de précaution recommandées
» sur le site du Quai d’Orsay (nouvelle fenêtre).
Quel impact à l’international ?
Les États-Unis ont, eux aussi, appelé les ressortissants américains se trouvant dans plusieurs zones du Mexique, dont des villes et régions touristiques comme Cancun, Guadalajara et Oaxaca, à « se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre
« . Des compagnies aériennes américaines et canadiennes ont annulé des dizaines de vols vers plusieurs villes mexicaines. Le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie ont tous conseillé lundi à leurs ressortissants de renoncer aux « voyages non essentiels
» dans une dizaine d’États mexicains, dont Chihuahua, Sinaloa et Jalisco.











