L’incertitude, qui a pesé sur l’économie française depuis la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 2024, paralysant les chefs d’entreprise, intimidant les investisseurs, semble derrière nous. Depuis le début de l’année 2026, un léger, mais réel, vent d’optimisme perce dans les secteurs des services et du bâtiment, où une activité soutenue est anticipée, mais aussi dans l’aéronautique et la défense, où les carnets de commandes sont pleins. Les industries électriques et électroniques comptent profiter à la fois de l’essor de l’intelligence artificielle, qui réclame d’immenses infrastructures comme les centres de données, et de la dynamique de la décarbonation.
Les investissements sont également en légère progression. Un symbole : à Dunkerque (Nord), le 10 février, a été donné le coup d’envoi de la construction de l’usine géante de batteries de la société taïwanaise ProLogium pour équiper les voitures électriques, un investissement de 5,2 milliards d’euros. Même les consommateurs semblent retrouver le sourire : les achats sont repartis à la hausse en début d’année et les dépenses dans le domaine des services, du tourisme, de la restauration et des loisirs sont au beau fixe.
Pourtant, le contexte n’a pas radicalement changé. La France a adopté, après de longs mois de discussions, un budget pour 2026, qui ne règle aucun des problèmes de fond du pays : ni celui du vieillissement, ni celui des retraites et des comptes sociaux, ni celui du niveau des dépenses publiques. Plus imprévisible que jamais, le président américain, Donald Trump, continue de souffler le chaud et le froid. La Chine profite du déclin relatif du pouvoir américain pour pousser toujours plus loin ses pions « low cost » sur les marchés européens. Quant à la Russie, elle ne lâche pas prise sur la guerre en Ukraine. Bref, rien qui ne puisse véritablement inviter à un grand optimisme…
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