Les bureaux de vote de métropole ont ouvert pour le premier tour des élections municipales : si une majorité des communes connaîtront leur maire dès dimanche, le scrutin s’annonce très incertain dans les grandes villes et promet de vifs débats sur les alliances d’entre-deux-tours.
Quelque 48,7 millions d’électeurs, inscrits sur les listes électorales, sont appelés aux urnes – dont 358.000 ressortissants de l’Union européenne. En raison du décalage horaire, le vote a déjà démarré en Nouvelle-Calédonie, à La Réunion et à Mayotte.
Les bureaux de vote fermeront à 18 heures, 19 heures ou, dans les plus grandes villes, 20 heures, heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.
Le scrutin, dont le second tour se tiendra le 22 mars, vise à élire pour six ans les conseillers municipaux dans quelque 35.000 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.
Grande inconnue, la participation. Elle sera certes nettement plus forte qu’en 2020, où la pandémie de Covid-19 avait massivement dissuadé les électeurs, notamment âgés. Mais sera-t-elle suffisante pour enrayer la lente érosion observée d’élection en élection (de 78,4% en 1983 à 63,6% en 2014), particulièrement chez les jeunes et les habitants des quartiers populaires ?
Le ministère de l’Intérieur fournira des chiffres provisoires de participation à 12 heures, puis à 17 heures.
Si les Français restent attachés aux maires, plus appréciés que les élus nationaux, la mobilisation pourrait être pénalisée par une fin de campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient.
En outre, faute d’édile sortant macroniste, il sera difficile aux électeurs d’utiliser cette élection pour sanctionner l’exécutif, à la différence de 2008 sous Nicolas Sarkozy ou de 2014 sous François Hollande.
Selon les sondages, 75% d’entre eux voteront en fonction de la situation locale, dans ce scrutin moins polarisé qu’au niveau national même si certaines priorités – lutte contre le narcotrafic, accès aux soins ou au logement – sont identiques.
Le gouvernement a tout fait pour éviter une nationalisation du scrutin, avec des consignes de silence données aux ministres, sauf pour ceux qui sont candidats.
Avec une majorité de listes uniques (68% des communes), le choix sera quasi-inexistant pour les électeurs, qui n’auront aussi plus le droit d’ajouter ou de rayer les noms de candidats (« panachage »), un manque d’alternatives qui pourrait affaiblir la participation.
A l’inverse, la mobilisation pourrait être encouragée par l’incertitude dans les grandes villes où peu de maires sont assurés d’être reconduits.











