- Des médiums proposent souvent leurs services face aux affaires criminelles non résolues.
- Une équipe de TF1 se penche sur ces enquêteurs d’un genre particulier.
Suivez la couverture complète
Le 20H
Mai 2023. À l’époque, plusieurs dizaines de personnes participent à une battue à Arandon-Passins (Isère) pour retrouver Carine Landelin, portée disparue depuis presque trois semaines. Sans aucun lien avec la disparue, Kathleen Letendre décide de venir avec son pendule qu’elle utilise occasionnellement. Elle ressent ce jour-là une connexion particulièrement forte avec l’objet.
« J’ai l’intime conviction qu’on va la retrouver et je pose des questions à mon pendule pour savoir quelle direction prendre »
, raconte Kathleen Letendre dans l’enquête du 20H de TF1 visible en tête de cet article. Le pendule, censé lui répondre en oscillant dans un sens ou dans l’autre, l’amène finalement au bord d’un lac, à l’emplacement précis du corps de Carine, dans une zone qui pourtant avait déjà été inspectée par les gendarmes.
Il faut le voir pour y croire
Il faut le voir pour y croire
Kathleen Letendre
S’agit-il d’une coïncidence ? « Moi, qui étais très sceptique aussi, je n’ai pu que me résigner en disant dire ‘bah oui, là, pour le coup, le pendule a été utile' »
, répond le père de Kathleen face à notre caméra. S’agit-il d’un coup de chance ? « Je pense qu’il faut le voir pour y croire. C’est vrai que même moi, j’ai été surprise de retrouver la dame et que mes intuitions soient complètement bonnes »
, abonde la principale intéressée.
L’enquête conclut à un suicide par noyade. Près de trois ans plus tard, la cheffe d’escadron Évelyne Robert, qui a coordonné les recherches, reste pour le moins dubitative sur le rôle du pendule. « Je n’ai pas vraiment d’avis là-dessus. Je vous dis : ‘tant mieux, on l’a retrouvé. La famille peut faire son deuil et ça, c’est une bonne chose’. Après le reste, c’est une question d’appréciation »
, affirme à notre micro Évelyne Robert, de la gendarmerie de La Tour-du-Pin (Isère).
À chaque affaire criminelle, des voyants, cartomanciens ou encore sourciers se manifestent auprès des familles, des forces de l’ordre et publient leurs théories, souvent loufoques, sur les réseaux sociaux. Nonobstant, dans de très rares cas, lorsqu’une enquête piétine, il peut arriver que la justice entende ce type de témoignage.
C’est complètement antinomique avec les démarches judiciaires
C’est complètement antinomique avec les démarches judiciaires
Jacques Dallest, ancien magistrat
« Pour moi, c’est complètement antinomique avec les démarches judiciaires »,
réagit auprès de TF1 l’ancien magistrat Jacques Dallest. « Dans une enquête, la démarche judiciaire c’est de la prudence, de la rigueur, du sérieux. Si une personne avec des pouvoirs dits surnaturels permet un jour de retrouver un corps, c’est un pur hasard pour moi »
, affirme encore l’auteur de Sur les chemins du crime
(Mareuil Éditions), qui y voit une perte de temps.
Pourtant, l’histoire d’un homme interroge. Surnommé le radar humain, Jean-Louis Crozier était régulièrement sollicité par la police et la gendarmerie pour localiser des personnes disparues avec l’aide de son pendule, jusqu’à sa mort en 2008.

Dans un article écrit en 1993, des enquêteurs reconnaissent même le rôle essentiel du radiesthésiste, « bien connu pour ses réussites »
. Même s’il reconnaissait ne pas être infaillible, Jean-Louis Crozier affirmait avoir collaboré 1200 fois avec les forces de l’ordre et avoir contribué à retrouver 270 disparus sur l’ensemble de sa carrière.
On y croit, on n’y croit pas, mais on l’a retrouvé. Je n’ai pas plus d’explication
On y croit, on n’y croit pas, mais on l’a retrouvé. Je n’ai pas plus d’explication
Gilbert Mantovani, ancien directeur des grottes de Choranche
Ancien directeur des grottes de Choranche dans le Vercors, Gilbert Mantovani a été témoin d’une de ces affaires. En 1982, un adolescent sourd et muet disparaît lors d’une visite groupée du site touristique. Après deux jours et deux nuits de recherches sans résultat, les gendarmes font appel à Jean-Louis Crozier et son pendule, à deux cents kilomètres de là.
Gilbert Mantovani, spéléologue et vice-président de l’association Tétraktys, décrit la suite à TF1. « On lui donne une carte du secteur et il nous dit ‘je pense que c’est là’. Les gendarmes et les pompiers sont arrivés, et ils le trouvent effectivement sur ce chemin,
se souvient-t-il. Avant de conclure : « On y croit, on n’y croit pas, mais on l’a retrouvé (vivant, ndlr). Il est là’et 40 ans après, je n’ai pas plus d’explication »
.











