Le chef de l’opposition ougandaise, Bobi Wine, a annoncé samedi 17 janvier avoir réussi à « échapper » à un raid de la police sur sa résidence la veille et avoir quitté les lieux, alors que l’annonce des résultats de l’élection présidentielle est imminente.
« Je tiens à confirmer que j’ai réussi à leur échapper. Actuellement, je ne suis pas chez moi, bien que ma femme et d’autres membres de ma famille soient toujours assignés à résidence », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur X. « Je sais que ces criminels me recherchent partout et je fais tout mon possible pour assurer ma sécurité », a-t-il ajouté.
De nombreux observateurs voient dans le scrutin organisé jeudi – des législatives se tenaient le même jour – une formalité pour le président ougandais sortant, Yoweri Museveni, ex-guérillero âgé de 81 ans, au pouvoir depuis quarante ans et qui vise un septième mandat en s’appuyant sur un contrôle total de l’appareil électoral et sécuritaire.
Son principal adversaire est l’ancien chanteur Bobi Wine, 43 ans, de son vrai nom Robert Kyagulanyi Ssentamu, qui se surnomme le « président du ghetto », en référence aux quartiers défavorisés de Kampala où il a grandi.
Informations contradictoires
Des informations contradictoires ont circulé vendredi et samedi concernant le sort de Bobi Wine, après les révélations selon lesquelles la police et l’armée ont mené un raid sur son domicile vendredi soir. Un haut responsable de son parti, la Plateforme d’unité nationale (NUP), a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que des agents de sécurité en tenue noire avaient escaladé le mur de la résidence de M. Wine vendredi soir et confisqué son téléphone. Ces affirmations n’ont pu être vérifiées par l’AFP.
La police a déclaré avoir instauré des points de contrôle dans les zones considérées comme sensibles en matière de sécurité. « Nous n’avons pas nécessairement interdit l’accès à [Bobi Wine] mais nous ne pouvons tolérer les cas où des personnes utilisent sa résidence pour se rassembler et (…) inciter à la violence », a déclaré à la presse le porte-parole de la police, Kituuma Rusoke.
Le parti de Bobi Wine avait affirmé vendredi soir sur X qu’un « hélicoptère de l’armée » avait atterri dans la résidence de l’opposant et l’avait emmené de force vers une « destination inconnue » après l’agression de ses gardes du corps. La publication a été supprimée samedi matin. M. Wine, qui s’est imposé ces dernières années comme le principal rival de M. Museveni et a connu détention et torture lors des précédentes élections, en 2021, avait déclaré vendredi avoir été assigné à résidence jeudi soir.
« Bourrage massif des urnes »
Le président sortant était crédité d’une avance confortable avec 71,88 % des suffrages, contre 24,46 % pour Bobi Wine, selon les derniers chiffres de la commission électorale.
Avant les élections, les autorités avaient coupé l’accès à Internet, qui n’était pas rétabli samedi. Au moins 400 partisans de Bobi Wine ont été arrêtés durant sa campagne, selon l’ONG Amnesty International. L’opposant, qui a pris l’habitude de porter un gilet pare-balles, a accusé jeudi sur X le gouvernement de « bourrage massif des urnes » et d’attaques contre les cadres de son parti et appelé la population à manifester en cas de fraude.
Le vote s’est déroulé dans un climat « marqué par une répression et une intimidation généralisées », a pointé l’Organisation des Nations unies (ONU). Le jour du scrutin a été marqué par d’importants problèmes techniques : les machines biométriques utilisées pour identifier les électeurs ont mal fonctionné, potentiellement en raison de la coupure d’Internet, et les bulletins de vote n’ont pas été distribués pendant plusieurs heures dans de nombreuses régions.
L’autre grand chef de l’opposition, Kizza Besigye, candidat à quatre reprises contre M. Museveni, avait été enlevé en 2024 au Kenya pour être ramené en Ouganda, où il reste détenu pour des accusations de trahison.
Un député de la NUP, Muwanga Kivumbi, a affirmé à l’AFP que 10 partisans avaient été tués à l’intérieur de son domicile dans le district de Butambala (centre), fief de Bobi Wine, par l’armée dans la nuit de jeudi à vendredi. Le secrétaire général de la NUP, Lewis Rubongoya, avait pour sa part déclaré à l’AFP que plus de 20 personnes sont mortes lors de l’incident, et 50 blessées. La police ougandaise a, elle, déclaré que sept personnes avaient été tuées dans la zone pour « avoir attaqué » le centre local de dépouillement des votes et les forces de sécurité.

![Procès du RN : Marine Le Pen « engagée dans un combat pour [s] on innocence » Procès du RN : Marine Le Pen « engagée dans un combat pour [s] on innocence »](https://wp.fifu.app/parisparlez.com/aHR0cHM6Ly9zLnlpbWcuY29tL29zL2ZyLzIwbWludXRlcy5mci9mZmQ1ZTgyMTIwN2IwYjhhZTZkM2E1NzEyZjc3MjUyOA/56c3a3223912/proces-du-rn-marine-le-pen-engagee-dans-un-combat-pour-s-on-innocence.webp?w=1024&h=1024&c=0&p=304616)










