- Auxiliaires de vie, infirmières libérales et autres maraîchers… : travailler leur coûte parfois presque aussi cher que ce que cela leur rapporte.
- Face à la facture des carburants qui s’alourdit, de nombreux professionnels sont contraints de faire des choix difficiles pour maintenir leur activité.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
Suivez la couverture complète
Moyen-Orient : avec la guerre, les prix des carburants et du gaz s’envolent
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Depuis onze ans, Cathy Peloille sillonne les routes du Pays basque pour exercer son métier d’auxiliaire de vie. Mais jamais ses déplacements professionnels ne lui avaient autant coûté. Sur les 1.100 euros qu’elle gagne chaque mois, elle consacre désormais 350 euros à l’essence, soit près d’un tiers de son salaire. « On peut dire qu’on travaille à perte »,
déplore-t-elle, dans le reportage du JT de 20H de TF1 en tête de cet article. « Et je pense que je ne suis pas la seule dans ce cas-là, malheureusement. »
Comme Cathy, la quasi-totalité des aides à domicile sont des femmes, souvent à temps partiel, et gagnent en moyenne moins de 2.000 euros par mois. La hausse des prix du carburant impacte directement leurs visites à domicile, mais aussi les conduites de clients à des rendez-vous médicaux.
Malgré ce poids financier, l’auxiliaire de vie d’Hendaye n’envisage pas de renoncer à son métier. « Si j’arrête, il y a beaucoup de gens qui ne pourront plus… »
, affirme-t-elle. Laurence, l’une de ses patientes, l’interrompt aussitôt face caméra : « Ah non, moi, quand elle part en vacances, je suis malade. »
Avant de conclure, catégorique : « Moi, c’est fini ! »
On est obligée de refuser actuellement certaines prises en charge, parce qu’il y a trop de frais liés au carburant
On est obligée de refuser actuellement certaines prises en charge, parce qu’il y a trop de frais liés au carburant
Pauline Fabre, infirmière libérale
Les infirmières libérales, elles aussi indispensables au maintien à domicile, sont confrontées à l’explosion des frais de déplacement. Pauline Fabre, qui parcourt 150 kilomètres par jour au diesel, dépense 500 euros par mois en carburant. Face à cette charge, elle admet être « obligée de refuser actuellement certaines prises en charge, parce qu’il y a trop de frais liés au carburant »
. « Ça ne serait plus rentable »
, estime cette professionnelle de Saint-Flour, dans le Cantal. « Déjà, on ne l’est pas beaucoup, mais on le fait parce qu’il y a des gens pour qui on doit assurer une continuité des soins. »
Pour préserver sa trésorerie, elle a dû baisser son propre salaire de 200 euros. « Normalement, si on va travailler, c’est pour se faire plaisir aussi à côté, que là, on est obligé de se restreindre sur la vie personnelle »
, explique-t-elle.
Pour Eric Rosée, maraîcher de Haute-Normandie, le trajet chaque dimanche jusqu’à un marché parisien finit également par coûter trop cher. Déjà fragilisée par la sécheresse cet été, son exploitation doit désormais composer avec la flambée de l’essence. « Je peux pas me déranger de Haute-Normandie avec quelques patates et des oignons et payer 2,30 euros le litre. Ce n’est pas possible »
, dénonce à notre micro l’agriculteur, qui a déjà renoncé à un marché, le samedi.
Pour eux, chaque livraison, chaque tournée, chaque déplacement est désormais devenu un véritable dilemme : travailler davantage, au risque de perdre de l’argent.

