vendredi, janvier 16

  • En janvier 2025, un glissement de terrain avait contraint 143 habitants de Montmorency, dans le Val-d’Oise, à quitter leur domicile de toute urgence.
  • Un an après, l’immeuble menace toujours de s’effondrer.
  • Une équipe de TF1 a rencontré deux mères de famille désespérées.

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Le 20H

Cela fait maintenant un an qu’Aïcha et Emilie, propriétaires dans un immeuble de Montmorency (Val-d’Oise), n’y vivent plus. « Ça me rend dingue de voir que ça puisse prendre autant de temps, cette sensation d’abandon, d’être complètement abandonnés et qu’on s’en fiche de notre situation », se désole Emilie dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. En janvier 2025, comme 142 autres habitants, elles avaient été évacuées en pleine nuit après un spectaculaire glissement de terrain. 

On paye plus de charges aujourd’hui que quand on y habitait. Alors qu’on ne consomme pas d’eau. Tous les travaux, ça se paye.

Aïcha, une habitante

Aujourd’hui, leur immeuble menace toujours de s’effondrer, mais l’aide au relogement n’était pas prévue dans leur contrat d’assurance. Les deux mères de famille ont donc dû improviser. Emilie est obligée de vivre chez des proches. « Moi, je dors dans le salon, les enfants ont une chambre. Ça permet de recréer quand même un cocon, mais je ne suis pas chez moi, je suis chez des gens », souligne-t-elle. 

Aïcha, elle, a un nouvel appartement qu’elle paye 1.200 euros par mois. S’y ajoutent 750 euros mensuels. C’est le montant du crédit qu’elle continue de rembourser pour l’appartement qu’elle ne peut même plus occuper. Sans compter les charges de copropriété. « On paye plus de charges aujourd’hui que quand on y habitait. Alors qu’on ne consomme pas d’eau. Tous les travaux, ça se paye. On peut faire des efforts, on peut se priver de vacances, on peut se priver de restos, on peut se priver d’un tas de choses, mais jusqu’à quand ? », s’interroge-t-elle. 

50.000 euros d’aides débloqués

C’est la question qui taraude tous les évacués, car la situation ne fait qu’empirer. « Deux glissements de terrain sont survenus par la suite, en février et en mars. On a des appartements dans lesquels les arbres ont pénétré », indique le maire, Maxime Thory, qui a débloqué une aide de 50.000 euros et a remboursé la taxe foncière des sinistrés. Pas suffisant pour de nombreux habitants qui, comme l’élu, s’impatientent. « Certaines parties au dossier ne transmettent pas les documents qui sont attendus par les experts. Certaines parties ont parfois près de 6 mois de retard dans la transmission des documents. Et donc évidemment, ça bloque la procédure », insiste-t-il. 

Pour autant, ce n’est pas le cœur du problème, comme le précise l’administrateur judiciaire Daniel Valdman. « Pour y mettre fin, ça s’annonce compliqué puisqu’il y a des chiffrages qui circulent et il y en a pour plusieurs millions d’euros. Les copropriétaires ne pourront pas payer tout seuls », dit-il. La seule solution est de trouver des subventions, mais les demandes pourraient prendre selon lui encore un ou deux ans

La rédaction de TF1info | Reportage : Lise CLOIX et Cléa JOUANNEAU

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