- Certains commerçants choisissent de dénoncer leurs voleurs sur les réseaux sociaux.
- Une pratique radicale, mais surtout illégale, dans l’espoir de dissuader les vols à l’étalage.
- Ces derniers jours, la vidéo mise en ligne par un caviste de l’Hérault a fait le tour des réseaux sociaux.
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Le 20H
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En pleine journée, chez ce caviste d’Agde (Hérault), un couple dérobe une première bouteille de champagne, comme on le voit dans la vidéo en tête de cet article, où nous avons choisi de flouter les visages. La femme dissimule la bouteille sous sa robe, puis elle en choisit une deuxième. Puis les deux voleurs quittent calmement le magasin sans passer par la caisse. Damien Guitard a découvert le vol sur sa vidéosurveillance. « Ils ont attendu le bon moment, quand j’étais pas à la caisse pour pouvoir prendre une bouteille de champagne »
, raconte-t-il au micro de TF1. Il a alors décidé de poster la vidéo en ligne sans floutage.
« On sait qu’on peut avoir une plainte contre nous »
Une pratique illégale : afficher le visage d’un voleur présumé est passible d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende. « Ce qu’on a fait aujourd’hui, on ne le regrette pas »
, soutient le caviste. « On sait qu’on peut avoir une plainte contre nous ou quoi que ce soit. Derrière, ce qu’on veut faire, c’est faire avancer les choses, aider les commerçants, faire en sorte qu’on arrête de se faire voler parce qu’on travaille pour notre gagne-pain. Et derrière, on n’a rien, on ne peut strictement rien faire »
.
Après sa publication, un appel anonyme a permis à Damien d’identifier le voleur, et il compte aller porter plainte. S’il est interdit de se faire justice soi-même en France, de plus en plus de commerçants publient des vidéos de vols qui cumulent parfois plusieurs millions de vues. Certains voleurs tentent donc de trouver des parades, notamment avec des brouilleurs de caméras.
C’est ce qui est arrivé à un pâtissier de Bessan, à une dizaine de kilomètres de là. « Ça coupe les fréquences qu’elles émettent pour pouvoir transmettre les images. Et du coup, on n’a plus les images, tout simplement »
, explique Émeric Garcia. Du braquage, il ne reste qu’une photo où l’on aperçoit le braqueur, que l’artisan-pâtissier a, lui aussi, publiée sur les réseaux sociaux.
Cette pratique est-elle vraiment efficace ? C’est ce que prétend l’association de défense des commerçants « Ras-le-vol ». « Nous sommes contactés tous les jours par des dizaines et des dizaines de commerçants. On obtient des résultats, on arrive à identifier les auteurs, on arrive à les retrouver. La police arrive à les interpeller et la justice à les condamner. Ça n’est pas encore légal, mais c’est efficace »
, assure son président, Jérôme Jean. Un projet de loi qui permettrait la diffusion des images de vidéosurveillance a été déposé en janvier 2024, inspiré par ce collectif de commerçants.
La rédaction de TF1info | Reportage : Emma CHALLAT, Tiffany HENNE et Chahrazed BOUDANI




