L’ambassadeur du Liban en France, Rabih Chaer, estime ce mercredi 4 mars sur le plateau de BFMTV que le Liban fait face à « une crise humanitaire », après les frappes incessantes d’Israël, en riposte aux attaques du Hezbollah pro-iranien, dans la foulée de l’attaque israélo-américaine sur l’Iran samedi.
« L’appel d’Israël aux gens de quitter le sud de la Litani, on parle d’un peu près 250.000 personnes, c’est une crise humanitaire et ça ne va pas aider les pourparlers et ça va alimenter les raisons d’être du Hezbollah », affirme Rabih Chaer.
Ce mercredi, l’armée israélienne a ordonné aux habitants d’évacuer le sud du Liban et de se rendre au nord du fleuve Litani, alors que ses troupes ont pénétré dans la localité de Khiam.
« C’est une catastrophe humanitaire »
Selon le dernier bilan des autorités libanaises publié mercredi, les frappes israéliennes ont fait 72 morts depuis lundi. « C’est une catastrophe humanitaire », se désole Rabih Chaer.
« On refuse de transformer le sud du Liban en Gaza, ce serait une erreur stratégique d’Israël », affirme l’ambassadeur qui estime qu’Israël participe « au jeu du Hezbollah » en continuant de « violer la souveraineté du Liban et l’intégrité du territoire libanais ».
Les frappes israéliennes ont également provoqué le déplacement de plus de 83.000 personnes. Une situation complexe car l’ambassadeur indique que son pays n’a pas « vraiment trouvé » d’hébergements d’urgence pour ces populations.
« Il faut être honnête, nous n’avons pas les moyens de recevoir et d’accueillir toute cette population déplacée et on a besoin que la communauté internationale se mobilise », affirme-t-il, appelant à « revenir sur la table des négociations ».
« On a vu hier des gens qui dormaient dans la rue »
La ministre des Affaires sociales libanaise, Hanine Sayyed, a indiqué la veille que 171 centres d’hébergement ont été ouverts dans plusieurs régions du Liban afin d’accueillir les déplacés. De son côté, l’ambassadeur du Liban en France évoque aujourd’hui le chiffre de « 350 » lieux d’hébergements mobilisés.
« Seuls 43 (sites) sont bien équipés, on a vu hier des gens qui dormaient dans la rue. Et puis il y a encore une certaine hostilité de certaines personnes qui ne voulaient pas accueillir ces populations », rapporte Rabih Chaer.
Ce dernier explique que certains Libanais ont « peur » d’accueillir les personnes déplacées par « peur » qu’Israël frappe sur eux, « en considérant qu’il y a un membre du Hezbollah qui est caché » chez les personnes qui fuient actuellement les frappes.
Article original publié sur BFMTV.com













