jeudi, juillet 2

  • Ronflement, canicule, écrans… Près des trois quarts des Français déclarent souffrir de troubles du sommeil.
  • Dans ces conditions, peut-on s’accorder un écart pour regarder un match de la Coupe du monde de football diffusé en pleine nuit ?
  • Virginie Sterpenich, neuroscientifique à l’Université de Genève et spécialiste du sommeil, répond que oui si vous respectez quelques consignes.

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La dernière étude de l’agence Santé publique France (nouvelle fenêtre) a de quoi nous alarmer : 71% des Français dorment mal. Nous dormons trop peu (moins de 7h par nuit) et mal. Le bruit des voisins (nouvelle fenêtre)ou de la rue, les fortes chaleurs ou les mouvements de votre moitié peuvent vous réveiller brutalement. Or, le sommeil reste indispensable à notre santé. Il nous accorde ce temps précieux pour régénérer nos cellules, renforcer notre attention et notre mémoire, atténuer notre stress, soulager notre physique ou encore digérer les informations récemment emmagasinées. Autrement dit, le sommeil (nouvelle fenêtre)régule notre corps et notre esprit. Il devient le meilleur ami de notre psychisme.

À l’inverse, le manque de repos peut devenir votre pire ennemi. Virginie Sterpenich, biologiste et neuroscientifique à l’université de Genève, s’intéresse au rôle du sommeil dans la consolidation de la mémoire et dans la régulation des émotions. Elle confirme à TF1info que vous pouvez regarder les matchs de la Coupe du monde de football, (nouvelle fenêtre) notamment celui de l’équipe de France face au Paraguay programmé à 23h, samedi. Mais cet écart ne doit pas devenir une habitude.

Le cerveau est bien fait et il peut compenser

Virginie Sterpenich, neuroscientifique spécialiste du sommeil

Quel est l’impact sur le sommeil de regarder un match de football aussi tardif ?

Le sommeil reste très important pour l’attention, la vigilance en classe ou au bureau, ou la conduite d’un véhicule. Il consolide la mémoire, nous aide à gérer nos émotions et régule l’humeur. Le manque de sommeil joue sur la concentration, l’efficacité de ce que nous faisons et nous rend irritables. Dormir moins de sept heures par nuit peut engendrer des risques d’obésité, de diabète, d’hypertension, de problèmes cardiovasculaires ou encore une baisse des défenses immunitaires. Pour garder un bon sommeil, il faut dormir de manière régulière pour entraîner son horloge biologique. Avant de dormir, il faut se détendre et rester calme. Regarder un match aussi tard vous fait perdre en régularité. Ce n’est pas l’idéal, d’autant que vous ressentez des émotions fortes qui préparent mal au sommeil. Mais nous pouvons de temps en temps nous permettre de faire des écarts. Le cerveau est bien fait et il peut compenser.

Comment faire pour éviter d’accumuler une dette de sommeil ?

Il faut éviter d’aller dormir tard tous les soirs de manière régulière. Si vous vous couchez tard un à deux soirs par semaine pendant un mois, cela devient une habitude. Si vous dormez quatre ou cinq heures, vous pouvez récupérer en dormant un peu plus le lendemain ou en faisant une sieste courte. 

Les siestes sont à proscrire en fin de journée après 16h

Virginie Sterpenich

Si vous dormez vingt minutes en début d’après-midi, vous récupérez un peu de vigilance. La sieste plus longue, d’une heure et demie, permet d’accéder au stade 3 correspondant au sommeil profond. Mais attention, elle n’est pas idéale : vous aurez davantage de mal à vous réveiller et, si vous travaillez ou reprenez la route, ce n’est pas idéal. De manière générale, les siestes sont à proscrire en fin de journée après 16h. Le plus important, c’est de rester dans votre cycle sans vous décaler. Mal dormir et faire des siestes peuvent vous entraîner dans un cercle vicieux.

Seul le sommeil répare la fatigue

Virginie Sterpenich, neuroscientifique spécialiste du sommeil

À partir de quel temps de sommeil une nuit trop courte provoque-t-elle un impact sur notre vigilance, notre attention ou encore la qualité de nos relations avec les autres ?

C’est compliqué de donner des chiffres précis. Nous sommes tous différents quant à nos besoins de sommeil ; c’est génétique. La clé reste de s’écouter soi-même. Les chiffres créent des insomnies et risquent davantage d’inquiéter nos lecteurs qu’autre chose. Si vous vous sentez fatigué le lendemain, que vous n’arrivez pas à garder les yeux ouverts ou si vous avez des douleurs au dos ou au cou, vous manquez probablement de repos. Tâchez de mieux dormir la nuit d’après. Trouver plein de techniques (boire du café, manger des barres de céréales) ne sert que de rustine : seul le sommeil répare la fatigue. Globalement, il faut retenir qu’une bonne nuit réparatrice correspond à sept à neuf heures de sommeil.

Geoffrey LOPES

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