- Ce sont près de 3.000 bateaux qui sont à l’arrêt dans la zone stratégique du détroit d’Ormuz.
- On compte environ 20.000 marins, dont une centaine de Français.
- 15.000 passagers de croisière sont également en attente.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
Bloqués entre deux fronts, au milieu d’une guerre, des marins assistent au passage presque irréel de deux missiles américains, qui les survolent en direction de l’Iran, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus. Des cargos, des porte-conteneurs, des tankers et des bateaux de croisière sont immobilisés dans le golfe Persique près du détroit d’Ormuz, où transitent tous les jours environ 20% des exportations mondiales de pétrole, mais aussi du gaz et bien d’autres marchandises.
Pourquoi ces bateaux ne traversent-ils pas s’ils ne sont pas des cibles directes ? À cause d’une alerte iranienne venue des gardiens de la Révolution. « À partir de maintenant, toute navigation dans le détroit d’Ormuz est interdite »
, proclamait le 2 mars une alerte radio. Au total, on compte environ 20.000 marins bloqués, sur près de 3.000 navires différents, et 15.000 passagers sur des bateaux de croisière. Parmi les bateaux de fret, cinq sont sous pavillon tricolore, dont plusieurs au mouillage en mer.
Ce n’est pas comme un camion ou n’importe quel véhicule qu’on pourrait laisser comme ça sur le parking.
Ce n’est pas comme un camion ou n’importe quel véhicule qu’on pourrait laisser comme ça sur le parking.
Emmanuel Chalard, secrétaire général de la fédération UGICT-CGT des officiers de la marine marchande
Leurs armateurs, que nous avons contactés, nous demandent de ne pas publier leur position exacte, craignant pour leur sécurité. Mais le rapatriement de la centaine de marins français concernés se pose plus que jamais. « On ne peut pas quitter ces navires, ce n’est pas comme un camion ou n’importe quel véhicule qu’on pourrait laisser comme ça sur le parking. Ça nécessite un effectif minimum. Je ne vois aucun armateur qui trouve un intérêt à garder du personnel civil à bord et prendre la responsabilité d’exposer ses personnels en zone de guerre »
, réagit Emmanuel Chalard, secrétaire général de la fédération UGICT-CGT des officiers de la marine marchande.
D’autant qu’en début de conflit, un pétrolier a été pris pour cible, et d’autres bâtiments ont été visés. L’Organisation maritime internationale (OMI) a recensé au moins sept « incidents » liés à des navires dans le détroit depuis le début du conflit, qui ont fait un total de deux morts et six blessés. Le droit international autorise d’ailleurs le rapatriement des marins le demandant avant de traverser une zone à risque. Problème, quitter le bord n’est pas forcément plus sûr. Cinq ports au moins ont déjà été touchés dans la région. Aujourd’hui, seuls les passagers des bateaux de croisière à quai commencent à évacuer par la route, et souvent par petits groupes.












