- C’est un territoire français situé au milieu de nulle part, dans l’océan Pacifique, où moins de 500 personnes ont un jour posé le pied.
- Une équipe de TF1 a pu embarquer pour l’île de Clipperton.
- En ressort une série de cinq reportages, avec des images et des découvertes saisissantes.
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Le 13H
Vue du ciel, l’île de Clipperton a tout du paradis tropical. Cet atoll français inhabité de l’océan Pacifique nord est situé à plus de 1.000 kilomètres de la côte mexicaine, la plus proche terre continentale. Depuis sa découverte il y a deux siècles, moins de 500 personnes y ont posé le pied. La France envoie un bateau militaire en faire le tour de une fois par an, et délivre au compte-gouttes des autorisations de débarquer. Une équipe du JT de TF1 a eu ce privilège, en accompagnant une mission scientifique de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Au terme de quatre jours de navigation et de quelques brasses, nos journalistes ont foulé le sable d’une plage déserte… jonchée de détritus.
« Chaque mètre, des bouteilles, des chaussures, des déodorants, il y a de tout. Tu marches sur le plastoc »
, se désole Noé, marin professionnel membre de l’expédition, dans le reportage visible en tête de cet article, l’un des cinq d’une série diffusée cette semaine dans le JT de 13H de TF1. La plage ressemble en effet à une véritable décharge. Aussi loin que porte le regard, des tonnes de déchets s’accumulent. « C’est une île déserte. Personne n’habite là. Ça vient de toutes les rivières du monde qui se déversent dans les océans et ça arrive là »
, explique Jeannot, sous-marinier participant également à la mission. Si nos plages n’étaient pas régulièrement nettoyées, elles ressembleraient probablement à celle-ci.
Parmi cet amoncellement de détritus, beaucoup de matériel de pêche : des bouées, des cordages, des filets, et une trentaine d’étranges petits radeaux, que les scientifiques ont tôt fait d’identifier comme des dispositifs de concentration de poissons (DCP), utilisés par les pêcheurs pour attirer le thon. « Sur certaines zones, ils sont autorisés à en mettre plus de 500 par navire »
, précise face à notre caméra Cédric Marteau, directeur général de la LPO.
« Sauf que la plupart des DCP sont laissés à la dérive et finissent sur les plages comme Clipperton. Ces objets sont bourrés de lithium et de matériaux électroniques »
, pointe Florent Bignon, autre responsable de la LPO. Natacha, la médecin de l’expédition, est chargée de les recenser : leurs numéros de série seront transmis au service de contrôle des pêches à Tahiti et permettront peut-être de retrouver les bateaux qui les ont abandonnés.
Plusieurs millions d’euros de cocaïne sur le sable
À peine débarqués, nos journalistes trébuchent sur une autre surprise : une quarantaine de petits paquets étiquetés du nom d’une marque de luxe. À l’intérieur, de la cocaïne. Un peu plus loin sur la plage, l’épave d’un semi-submersible, une embarcation spécialement conçue pour le transport de drogue.

L’île se situe en effet à un millier de kilomètres d’une très importante route commerciale de trafic reliant l’Amérique du Sud aux États-Unis. Les paquets de cocaïne ont probablement été jetés par-dessus bord par les trafiquants afin d’échapper à la police, et chariés par le vent jusqu’à la plage. Ils vaudraient plusieurs millions d’euros à la revente dans les rues de New York ou de Paris. L’équipe a averti la marine nationale, qui sera chargée de détruire la cargaison lors de sa ronde annuelle autour de Clipperton.
Devenue française sous Napoléon III, l’île porte le nom d’un pirate qui, selon la légende, y aurait caché un trésor, comme le raconte un autre épisode de notre série (les cinq sont à retrouver dans leur ordre de diffusion dans les liens ci-dessus). Si nos journalistes n’en ont pas trouvé la trace, ils ont découvert bien d’autres vestiges de l’histoire de ce petit morceau de terre. Parmi eux, des munitions abandonnées par l’armée américaine, qui y avait établi un dépôt secret pendant la guerre du Pacifique. Mais aussi les restes d’une base militaire française ayant servi à observer les premiers essais nucléaires aériens dans les années 1960.

Sans compter les trésors naturels de Clipperton : son extraordinaire colonie d’oiseaux, l’île hébergeant la plus forte concentration de fous, ces oiseaux marins menacés, son rocher volcanique culminant à 29 mètres de haut, ou encore son lagon d’eau douce, unique au monde. Moins enchanteur, aussi, ses rats. Arrivés il y a 25 ans sur l’atoll – on soupçonne un bateau de pêche mexicain de les y avoir introduits en s’échouant -, ils bouleversent son fragile équilibre naturel en dévorant ses crabes.











