- En Ukraine, une équipe de TF1 a pu embarquer avec des aviateurs à bord d’un vieil avion militaire, datant de l’ère soviétique.
- Au péril de leur vie, ces civils doivent abattre des drones russes avant qu’ils n’explosent sur des villes ukrainiennes.
- Des missions qui sont de plus en plus risquées.
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Ukraine-Russie : des discussions de paix sous tension
Au cœur de la nuit, un groupe d’aviateurs fonce vers un aérodrome tenu secret. Ils sont quatre, certains amis d’enfance. Tous sont civils et bénévoles. Pour protéger le ciel ukrainien, ils se sont mis à la disposition de l’armée. « Il est 2h du matin. Il y a des cibles en l’air au sud-est. Nous, en tant que pilotes, on essaye de lutter contre ces drones avec nos avions, les abattre en l’air avec une mitrailleuse »
, explique l’un d’eux, dans le reportage ci-dessus. Leurs cibles, ce ne sont pas de petits drones, mais les modèles Shahed qui mesurent près de 3,50 mètres. L’équipage les affronte à bord d’un vieil avion soviétique, un compagnon de route qu’ils préparent au combat par -20 degrés.
Aucun instrument perfectionné
Exceptionnellement, une équipe de TF1 a pu les accompagner. « Nous allons monter avec les aviateurs qui ont été appelés. Ils préparent l’avion. Ils ont dix minutes exactement pour préparer l’avion. Ensuite, ils vont décoller. On va décoller avec eux pour un vol de cinq heures environ »
, précise la journaliste Gwendoline Debono. Les drones russes sont déjà dans les airs. L’ordre est donc donné de décoller. La tour de contrôle dirige l’équipage vers la zone où progressent les drones russes. Ensuite, c’est au pilote et à l’opérateur caméra de trouver les cibles. Aucun instrument perfectionné ne les aide. Ici, on cherche les drones avec ses yeux et son sang-froid.
La silhouette d’un drone est repérée sous l’aile gauche. Le tireur se met en position, la porte ouverte. Les balles traçantes s’abattent sur le drone qui finit par exploser. Les pilotes virent et prennent de l’altitude pour éviter d’être touchés par les débris. Le vol continue dans le ciel infesté de drones. Une seconde cible est en vue. Le retentissement de l’explosion envahit l’habitacle. La chasse continue jusqu’au lever du jour.

On passe de la chasse aux drones aux vrais combats aériens avec ces drones parce qu’ils évoluent vite
On passe de la chasse aux drones aux vrais combats aériens avec ces drones parce qu’ils évoluent vite
Un aviateur ukrainien
Un autre drone apparaît, mais il vole au-dessus d’un village. « On essaye d’en attraper le plus possible et de les abattre dans un endroit sûr, des champs, des forêts, mais jamais au-dessus des habitations »,
souligne le pilote. Il va l’escorter pendant plusieurs minutes, attendre qu’il s’éloigne du village et le neutraliser. L’opérateur caméra tente d’identifier d’autres cibles, mais les pilotes reçoivent l’ordre d’atterrir. Des missiles russes viennent de faire leur entrée dans le ciel ukrainien. L’avion atterrit en urgence sur un tarmac gelé. « On aurait pu en avoir plus, mais les missiles de croisière ont commencé à attaquer. Dans ce cas, on doit atterrir et on était un peu inquiet pour le carburant »,
admettent-ils.
En explosant, les drones ont projeté des éclats dans la carlingue, mais sans gravité. Un café chaud, puis un débriefing, mais il est rapidement interrompu par l’ordre de partir au plus vite. À terre, l’avion devient une cible. Un drone se dirige vers l’aérodrome où l’appareil s’est posé. Les aviateurs le savent, chaque mission est plus risquée que la précédente. « On passe de la chasse aux drones aux vrais combats aériens avec ces drones parce qu’ils évoluent vite. Ils mettent sur ces drones Shahed des missiles antiaériens, des missiles air-air et tellement d’autres choses qu’ils testent en ce moment »,
avance un aviateur.
Retour à la base. Les trophées de la nuit, cinq au total, viendront s’ajouter sur le fuselage. Les aviateurs sourient malgré la fatigue. Depuis le début de la guerre, l’équipage a descendu près de 150 drones russes lancés sur les villes ukrainiennes.












