mardi, mai 19

  • À l’approche des élections provinciales, le Sénat a adopté lundi la réforme élargissant le corps électoral en Nouvelle-Calédonie.
  • Le texte, défendu par Sébastien Lecornu, vise à réintégrer 10.569 natifs calédoniens actuellement privés du droit de vote.
  • La réforme sera examinée dès mercredi à l’Assemblée nationale, mais son issue reste incertaine.

À moins de six semaines du scrutin provincial prévu le 28 juin en Nouvelle-Calédonie, Sébastien Lecornu a défendu lundi au Sénat sa réforme pour élargir dans l’urgence le corps électoral des élections provinciales (nouvelle fenêtre). Le statu quo institutionnel « ne peut être une base solide pour l’avenir », a-t-il lancé devant les sénateurs, tout en avertissant qu’il « peut même être le ferment, demain, de la violence ».

Le gouvernement veut en effet rendre éligibles 10.569 « natifs » calédoniens au droit de vote. En cause : un corps électoral « gelé » depuis 1998, qui a conduit à l’exclusion progressive de quelque 17% des Calédoniens du scrutin provincial, contre 8% à l’époque. « Une distorsion grandissante » qui porterait atteinte « aux principes d’universalité et d’égalité du suffrage », a estimé le chef du gouvernement.

Mercredi à l’Assemblée nationale

Résultat : le texte a été adopté au Sénat par 304 voix contre 20, seul le groupe communiste s’y opposant. Il sera examiné dès mercredi à l’Assemblée nationale, mais son issue est pour le moins incertaine (nouvelle fenêtre). Car si les non-indépendantistes soutiennent la réforme, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKC), principal parti indépendantiste, y reste réticent.

« Le FLNKS est favorable à l’ouverture du corps électoral aux natifs mais dans un accord global, pas de manière isolée », a indiqué le chef du groupe au congrès de Nouvelle-Calédonie, Pierre-Chanel Tutugoro. Pour le sénateur indépendantiste Robert Xowie, ce texte est même un « passage en force » qui va « radicaliser les positions ».

Sébastien Lecornu, quant à lui, espère au contraire rouvrir un cycle de négociations après les provinciales. Les discussions débuteront « dès juillet » et devront aboutir « avant la fin de l’année ». « Rien ne serait pire que de laisser dériver le dossier, voire qu’il s’invite brutalement au cœur d’une campagne nationale », a-t-il prévenu, évoquant, en filigrane, la présidentielle de 2027.

Aymen Amiri avec AFP

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