Plutôt que les gagnants et les perdants, il faut plutôt distinguer ceux qui s’en sortent plutôt bien et ceux qui ont beaucoup à perdre. Dans la première catégorie, le Canada, le Mexique et le Royaume-Uni s’en sortent avec des droits de douane de 10 %, qui correspondent environ à ce qui avait déjà été négocié en 2025 et qui avait été ensuite annulé par la Cour suprême américaine.
En revanche l’Australie, le Brésil, le Japon et la Chine devront eux s’acquitter d’une nouvelle taxe de 12,5 % sur toutes leurs exportations à destination des États-Unis.
Pékin a aussitôt dénoncé une « nouvelle déclaration de guerre commerciale ». Une mesure qui passe d’autant plus mal que Donald Trump contourne une fois de plus le Congrès américain pour imposer ces mesures.
Cette fois Donald Trump s’est appuyé sur une loi prétexte de 1974 qui l’autorise à imposer des droits de douane aux pays n’ayant pas pris de mesures suffisantes pour lutter contre le travail forcé.
Difficile d’imaginer que ces nouvelles taxes ne soient pas à nouveau contestées devant la justice. Surtout que dans son jugement de février, la Cour suprême avait insisté sur l’exclusivité du Congrès, et non pas de la Maison Blanche, concernant la politique commerciale américaine.
L’Union européenne accepte son sort mais…
Les pays européens font partie de ceux qui s’en sortent le mieux, avec 10 % des droits de douane. Côté Union européenne, on affirme que ces nouvelles taxes ne changent rien aux relations commerciales avec les États-Unis, puisqu’elles restent inférieures au plafond de 15 % fixé à Turnberry un an plus tôt. La Commission européenne en conclut que cette nouvelle poussée de fièvre fera même baisser les taxes imposées à certains produits européens, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.
En revanche, la justification de cette nouvelle salve de droits de douanes basée sur un chapitre de la « section 301 » de la loi américaine, concernant les mesures contre le travail forcé, passe mal.
« Nous l’avons répété à maintes reprises : nous ne souscrivons pas au principe même de ces enquêtes menées au titre de l’article 301 sur le travail forcé, a lancé Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne. Nous l’avons d’ailleurs fait savoir à nos homologues américains : en réalité l’Union européenne a déjà une réglementation solide en matière de travail forcé. Par conséquent, nous rejetons catégoriquement l’idée selon laquelle l’Union européenne pourrait être considérée comme contribuant au problème mondial du travail forcé. »
Plus globalement, des inquiétudes demeurent pour les Européens après les commentaires acerbes de Washington sur l’amende de 890 millions d’euros imposée jeudi à Google. Les réactions politiques outre-Atlantique à cette décision de justice font craindre à certains une nouvelle offensive de droits de douane contre les réglementations européennes.
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