jeudi, juillet 23

  • Depuis juillet 2025, la loi interdit de fumer dans les parcs, jardins ou abribus.
  • Les terrasses des cafés et restaurants restent exemptées de cette restriction.
  • Alexandre Markovic, directeur de l’association Demain sera sans fumeur, espère qu’il s’agit d’un sursis.

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« Fumer tue ». Le message, inscrit en gros sur tous les paquets de cigarette (nouvelle fenêtre), reste encore d’actualité. En France, en 2023, la cigarette a coûté la vie à 68.000 personnes (nouvelle fenêtre). L’agence Santé publique France précise que ces décès prématurés et évitables représentent 11% de la mortalité totale. Ce chiffre, avec l’interdiction de fumer dans les lieux publics, baisse mais reste important.

L’association Demain sera sans fumeur se réjouit du décret interdisant de fumer dans les parcs, jardins, abribus et plages. Un autre, pris le 21 juillet 2025, précise que l’interdiction de fumer (nouvelle fenêtre) concerne également les abords de ces lieux dans un rayon de dix mètres. Mais pour Alexandre Markovic, directeur de l’association, il faut accélérer le mouvement et incorporer les terrasses des cafés et restaurants. Un baromètre (nouvelle fenêtre), publié avec le concours du sondeur OpinionWay, montre que les Français s’y montrent favorables : si les terrasses étaient sans tabac, elles attireraient sept fois plus de clients qu’elles n’en feraient fuir.

84% des Français réclament davantage de mesures contre le tabac

Pourquoi l’interdiction de fumer sur les terrasses des bars et restaurants devient-elle votre priorité ?

Nous menons cette étude tous les ans depuis 2019. Cette année, 84% des personnes interrogées réclament davantage de mesures contre le tabac, notamment dans les files d’attente et les terrasses des cafés et restaurants. Dans ces lieux ouverts, la progression est fulgurante : +15 points en un an. L’interdiction devait à l’origine figurer dans le décret publié l’an dernier. Mais les syndicats des métiers de l’hôtellerie et de la restauration ont fait pression pour la retirer, arguant que le secteur reste fragile et que beaucoup d’établissements connaissent encore des difficultés économiques. Nous rappelons que ces espaces sont culturellement liés au plaisir et au loisir. Nous voulons casser l’image de plaisir de la cigarette et faire la promotion de la vie saine sans addiction. Aujourd’hui, les Français expriment le souhait de pouvoir profiter de l’ensemble des espaces de la vie quotidienne sans subir la fumée du tabac. Ailleurs en Europe, Barcelone et Milan ont mis en place des terrasses sans tabac.

Quels problèmes rencontrent les non-fumeurs sur ces espaces ouverts ?

Nous nous préoccupons des terrasses depuis 2006. Nous avons engagé plusieurs actions en justice pour obtenir l’interdiction de fumer sur celles couvertes. Nous avons plusieurs fois été déboutés : les tribunaux assuraient qu’une ouverture suffisait à faire circuler les fumées. Or, les non-fumeurs subissent le tabagisme passif même s’ils se trouvent à l’air libre. Ces fumées sont insupportables et nuisent à la santé. Des restaurateurs indiquent que la clientèle familiale augmente lorsqu’ils interdisent la cigarette en terrasse. Souvent, les restaurants disposent d’une baie vitrée entièrement ouverte pendant l’été. Résultat : la salle donne entièrement sur la terrasse et l’espace intérieur, censé rester non-fumeur, devient infecté par les fumées. C’est injuste dans la mesure où la liberté des uns commence au moment où s’arrête celle des autres. Or, je rappelle que l’addiction à la nicotine est une maladie et les fumeurs ne sont pas entièrement libres, vu qu’ils sont obligés de consommer leurs cigarettes.

Les jeunes trouvent ça ringard

Alexandre Markovic, directeur de l’association Demain sera sans fumeur

Faut-il interdire de vendre des cigarettes aux jeunes nés après 2009, comme le propose un rapport de l’assurance maladie ?

Les jeunes adultes consomment de moins en moins de cigarettes. Les campagnes de prévention les sensibilisent et beaucoup trouvent ça ringard. Dans notre sondage, ils apparaissent comme les plus favorables au développement des espaces sans tabac. Il faudra en venir à cette interdiction. De sa fabrication à sa consommation en passant par sa vie de déchet, la cigarette n’apporte que des effets néfastes à la société. Un hectare de tabac consomme 500 litres d’eau potable et, avec cette même surface, vous pouvez produire 19 tonnes de pommes de terre.

Geoffrey LOPES

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