Après l’enlèvement de Nicolas Maduro, samedi 3 janvier, lors d’une intervention militaire américaine, le président Trump annonce que les Etats-Unis gouverneront le Venezuela « le temps nécessaire pour assurer une transition (…) judicieuse », tout en affirmant sa volonté de prendre le contrôle de la production pétrolière du pays. Durant toute son allocution, un mot central n’a pas été prononcé : celui de démocratie. Dans ce contexte, quelle place sera donnée aux Vénézuéliens et Vénézuéliennes dans la construction de leur propre avenir ? Et quel précédent cette action militaire crée-t-elle quant aux relations entre les grandes puissances et les pays dont elles convoitent les ressources ?
La décision de Donald Trump n’a rien à voir avec une quelconque préoccupation pour le peuple vénézuélien. Certes, le gouvernement autoritaire de Nicolas Maduro a été rejeté par les électeurs et les électrices dans les urnes lors du scrutin présidentiel du 28 juillet 2024, puis dans la rue quand le pouvoir a annoncé contre toute vraisemblance la victoire du président en place et provoqué de fortes mobilisations.
Ce gouvernement s’est maintenu par la force des armes et de la répression politique ainsi que par la destruction des conditions de travail et de vie de la population, dont une partie a dû quitter le pays (8 millions de Vénézuéliens ont émigré depuis 2015). Ce gouvernement n’a donc la sympathie ni de la plupart des ressortissants du pays ni de nombreuses forces politiques à l’échelle nationale et internationale qui, autrefois, ont soutenu la révolution bolivarienne et son ancien leader Hugo Chavez (1954-2013).
Cela dit, le rejet du gouvernement ne doit pas nous aveugler face à une attaque militaire qui ne peut être justifiée ni par les accusations de « narcoterrorisme », dont Maduro et ses proches ont fait l’objet, ni par l’illégitimité de ce régime autoritaire. Les scènes vues à Caracas et ses alentours samedi resteront à jamais gravées dans les esprits des Vénézuéliens et Vénézuéliennes comme celles d’une attaque guerrière sans précédent sur le territoire national.
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