dimanche, février 22

  • Interdite en France, la reconnaissance faciale est développée à grande échelle au Royaume-Uni.
  • La police utilise cette technologie pour scanner les visages des passants et comparer leurs données biométriques avec celles d’individus recherchés.
  • Une pratique qui pose un certain nombre de questions, comme le montre ce reportage de TF1.

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Le 20H

Voici la nouvelle arme de la police britannique : deux caméras capables d’analyser en direct des milliers de visages. À Stockport, au sud de Manchester, cette reconnaissance faciale est déployée pour les contrôles de routine, comme l’indique l’officier Alastair. « Voyez les gens qui passent en ce moment. Le système scanne leur visage et crée un modèle biométrique de la personne, puis le compare aux 9.000 personnes que nous avons ici », explique-t-il dans le reportage ci-dessus. Parmi ces 9.000 personnes inscrites dans la base de données de la police de Manchester, on trouve des suspects qui ne se sont pas présentés au tribunal, des criminels en fuite ou encore des auteurs d’infractions sexuelles. 

TF1

Nous avons des milliers de profils dans la région de Manchester. Un policier ne pourrait pas tous les reconnaître.

Inspecteur Jon Middleton, responsable de la reconnaissance faciale en direct de la police du Grand Manchester

Soudain, le logiciel donne l’alerte, les policiers interpellent un homme. « Nous vous arrêtons parce que vous figurez sur l’une de nos listes de surveillance », lui lance un agent. Déjà connu pour des faits sexuels, l’homme est soumis à des mesures judiciaires lui interdisant l’accès à certains sites Internet ou messagerie. Il doit aussi déclarer son téléphone aux autorités. « Qu’est-ce que vous avez ici ? », interroge l’agent. « C’est un autre téléphone », répond l’homme qui a manifestement enfreint ces restrictions. Les officiers l’emmènent donc aussitôt au poste. « Nous avons des milliers de profils dans la région de Manchester. Un policier ne pourrait pas tous les reconnaître. Cet homme n’est peut-être pas de Stockport. Sans la reconnaissance faciale, nous ne l’aurions pas contrôlé », souligne l’inspecteur Jon Middleton, responsable de la reconnaissance faciale en direct de la police du Grand Manchester. Selon la police de Londres, quelque 800 personnes ont été arrêtées en 2025 grâce à cette technologie.

Et pour la plupart des habitants, ce contrôle à l’aide de la reconnaissance faciale est à peine remarquable, comme le montre notre correspondante Elise Stern. « En passant dans un centre commercial, mon visage est scanné. Comme je ne suis ni recherché, ni dans les bases de données de la police, je ne déclenche pas d’alerte et mes données sont immédiatement supprimées », avance-t-elle. Pour autant, la technologie interroge alors qu’elle est déployée à Stockport pour la première fois. Un jeune homme assure ainsi qu’il ne veut pas être filmé. « Ah non, pas pour moi, c’est vraiment pas mon truc », dit-il. Un père de famille est quant à lui intrigué. « Je suis venu poser quelques questions. Qu’est-ce qu’ils recherchent ? Ont-ils arrêté quelqu’un ? Beaucoup de gens comme moi se demandent quel est le but de tout ça », affirme-t-il. Une vieille dame estime de son côté que « si vous n’avez rien fait de mal, ça ne doit pas vous inquiéter ». « Ils peuvent prendre autant d’images de moi qu’ils le souhaitent. Ça ne me dérange pas », précise-t-elle.

Utilisé depuis 4 mois, le système présente tout de même quelques failles. Suite à une alerte, les policiers pensent avoir trouvé un homme recherché. Erreur, la base de données n’était pas à jour, il a déjà purgé sa peine et n’est pas ravi de l’interpellation. « Vous voyez, c’est vraiment des conneries tout ça. Ils auraient pu me renvoyer en prison pour rien », dénonce Jamie, ancien détenu. En une journée, les journalistes de TF1 vont assister à une poignée d’alertes et à une arrestation. 

En France, la reconnaissance faciale est limitée à des grands événements ou à des contrôles aux frontières. Au Royaume-Uni, au contraire, le gouvernement pousse pour sa généralisation. Il vient d’investir dans 40 nouveaux vans de reconnaissance faciale pour mailler le pays.

V. F | Reportage : Elise STERN et Fanny BOURDILLON

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