L’origine de l’infection à l’hantavirus survenue sur le navire de croisière MV Hondius n’a pas été déterminée à ce stade. Les autorités sanitaires de la ville d’Ushuaïa en Argentine se défendent toutefois déjà face aux théories attribuant la paternité du foyer à la ville du bout du monde d’où est partie la croisière, relèvent nos confrères de la BBC.
En effet, selon plusieurs médias, l’ornithologue néerlandais de 70 ans décédé le 11 avril à bord du MV Hondius perçu comme le patient zéro se serait rendu dans une déchetterie proche de la ville d’Ushuaïa pour observer une espèce d’oiseaux spécifique, le Caraca à gorge blanche, qui ne se trouve qu’au Chili et en Argentine. Il aurait été accompagné de son épouse également ornithologue, morte de l’hantavirus le 26 avril.
Selon le New York Post, cette déchetterie est « évitée comme la peste par les locaux », mais prisé par les amoureux des oiseaux venus du monde entier, puisque les volatiles viendraient s’y nourrir. Les piles de déchets y seraient aussi appréciées des rongeurs, parmi lesquels se transmettent l’hantavirus.
« Aucun cas dans notre histoire »
Le directeur général de l’épidémiologie et de la santé environnementale de la province Terre de Feu, Juan Facundo Petrina, a qualifié de « rumeur » l’hypothèse selon laquelle le couple aurait été contaminé suite à une visite dans cette décharge. Et l’assure: « aucun cas » d’hantavirus n’a été « recensé dans (leur) histoire ».
« Nous n’avons pas la sous-espèce de la souris à longue queue (qui transmet la maladie, NDLR), et nous ne partageons pas les mêmes conditions climatiques que le nord de la Patagonie –ni en termes d’humidité ni de température– pour son développement », assure-t-il.
Avant d’ajouter: « Et si les rongeurs devaient commencer à se déplacer, étant donné qu’ils ne respectent pas les frontières géographiques, il est important de rappeler que nous sommes une île. Ils se heurteraient à l’obstacle de la traversée du détroit de Magellan pour infecter les espèces locales, ce qui constitue une difficulté supplémentaire, au-delà du climat. »
Pour Juan Facundo Petrina, le couple d’ornithologues a été infecté entre 16 février et le 13 mars, soit plusieurs jours, voire semaines, avant leur visite à Ushuaïa le 27 mars et leur embarquement à bord de la croisière le 1er avril. Selon lui, ils ont probablement été infectés dans une région montagneuse de Patagonie.
Les retraités avaient atterri le 27 novembre en Argentine, pour débuter un voyage de cinq mois en Amérique du Sud qui les a emmenés au Chili et en Uruguay, avant de retourner en Argentine. Les autorités chiliennes et uruguayennes ont également rejeté la paternité du foyer d’hantavirus, compte tenu de la période d’incubation de une à huit semaines estimée par l’Organisation mondiale de la santé.
Si plusieurs experts partagent l’avis de Juan Facundo Petrina, le gouvernement argentin a tout de même annoncé l’envoi d’une équipe d’experts à Ushuaïa pour procéder à des analyses, selon la BBC.
Le ministère de la Santé argentin a de son côté dit « ne pas pouvoir exclure » « en principe que les infections aient eu lieu en Terre de Feu ». « Mais il y a un fait important à prendre en compte: depuis que l’hantavirus est devenu une maladie à déclaration obligatoire, aucun cas n’a jamais été signalé dans cette province », a-t-il été précisé.
Article original publié sur BFMTV.com











