Les images ont fait le tour du monde : pris dans le navire de l’armée américaine USS Iwo-Jima, un cliché, relayé par Donald Trump sur son réseau Truth Social, montre un homme menotté, les yeux bandés, en survêtement gris. Quelques heures plus tard, sur le tarmac de l’aéroport de Newburgh, dans l’Etat de New York, il apparaît en veste bleu clair, claquettes et chaussettes, encadré par des membres de la Drug Enforcement Administration, l’agence fédérale antidrogue.
Depuis son enlèvement, samedi 3 janvier à Caracas, Nicolas Maduro est le prisonnier le plus célèbre des Etats-Unis. Le président déchu du Venezuela et sa femme, Cilia Flores, également capturée, « sont poursuivis pour trafic de drogue et conspiration narcoterroriste ». Le correspondant du Monde à New York, Nicolas Chapuis, précise : « La lutte contre le trafic de drogue est avant tout le prétexte à la décapitation du régime autoritaire chaviste, afin d’ouvrir la voie aux entreprises américaines pour accéder aux immenses ressources pétrolières du Venezuela. »
Etonnante coïncidence, le nom de Nicolas Maduro paraît pour la première fois dans le quotidien dans une brève relatant un « incident diplomatique à l’aéroport de New York », le 26 septembre 2006. Le journal reprend une dépêche de l’Agence France-Presse citant « le ministre vénézuélien des relations extérieures », qui explique avoir été retenu, le 23 septembre, « une heure et quarante minutes » après avoir décliné son identité : « Les officiels de l’aéroport ont commencé à m’insulter, à hurler, ont fait venir un policier et ont commencé à me menacer. » Nul démenti côté américain : « Le département d’Etat a confirmé l’incident et a présenté ses excuses. »
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