- Le candidat à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel tenait ce mardi un meeting de campagne au Cirque d’Hiver.
- Le vice-président d’Horizons a rejeté l’appel au « rassemblement » formulé plus tôt dans la journée par sa concurrente Rachida Dati.
- « Comme vous, au second tour, je vais voter Pierre-Yves Bournazel », a-t-il assuré à ses supporters.
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Élections Municipales 2026
À contrario de Sarah Knafo ou d’Emmanuel Grégoire, jamais son nom n’a été cité. Pourtant, Rachida Dati était omniprésente ce mardi 10 février au Cirque d’Hiver, où le candidat à la mairie de Paris soutenu par Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel tenait un meeting de campagne. Car la ministre de la Culture était bien celle qui se cachait derrière de nombreux sous-entendus formulés par l’élu du 18ᵉ arrondissement ou ses soutiens, les anciens Premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal.
Pierre-Yves Bournazel a mis les pieds dans le plat au cours de son discours, comme pour mettre fin à un suspense attendu. « Les journalistes me posent beaucoup cette question : pour qui allez-vous voter au second tour ? Je vais vous le dire : comme vous, au second tour je vais voter Pierre-Yves Bournazel »
, a-t-il lancé sous les rires puis les acclamations. Plus tôt dans la journée, Rachida Dati l’avait appelé au « rassemblement »
pour ne pas être « l’artisan de la défaite »
au bénéfice de la gauche héritière d’Anne Hidalgo. « Ceux qui veulent le changement doivent vouloir le rassemblement. Ceux qui ne veulent pas la victoire en prendront la responsabilité »
, avait-elle déclaré à la presse.
Je prends tout sur moi, les invectives, les attaques personnelles, mais il ne faut pas trop me marcher sur les pieds
Je prends tout sur moi, les invectives, les attaques personnelles, mais il ne faut pas trop me marcher sur les pieds
Pierre-Yves Bournazel
« Je dis à d’autres qui chercheraient à intimider, à imposer un rapport de force, je n’ai peur de rien »
, a répondu son adversaire sur la scène du Cirque d’Hiver, ajoutant : « Rien ni personne ne m’impressionne »
, « nous ne sommes ni à vendre ni à louer »
, « nous ne sommes pas là pour jouer, pour être des supplétifs »
. « Je prends tout sur moi, les invectives, les attaques personnelles, mais il ne faut pas trop me marcher sur les pieds »
, avait-il glissé un peu plus tôt devant un parterre de figures de la macronie – Clément Beaune, Olivia Grégoire, Franck Riester, Prisca Thévenot, Astrid Panosyan-Bouvet.
Tout au long de son allocution, Pierre-Yves Bournazel a dressé le portrait-robot du maire qu’il souhaiterait être : « Au service de Paris »
, « indépendant »
, « sur le terrain »
, « déterminé »
, qui se bat « pour les gens quand d’autres se battent pour l’argent »
. Fallait-il comprendre un maire aux antipodes de l’édile que serait Rachida Dati ? « Ce n’est pas en faisant du bruit ou de l’esbroufe qu’on fera vivre le changement »
, pense celui qui veut incarner le « changement tranquille, serein »
.
« L’outrance ne permet pas l’alternance, elle l’empêche »
, a aussi conclu Gabriel Attal, citant des scènes de confrontations désolantes lors des séances du Conseil de Paris. Édouard Philippe a insisté sur le fait que la capitale avait besoin de « sérénité »
, et Marlène Schiappa, qui animait la soirée, sur le « Paris refuge »
et « apaisé »
que permettrait de construire son candidat, le plus à même de « rassembler le Paris de gauche et de droite »
.
Bournazel assure qu’il faudra compter avec lui au second tour
C’est donc serein et sûr d’être à sa place que Pierre-Yves Bournazel a mené sa soirée et compte mener sa campagne. « 50% des citoyens se décident dans les dernières semaines »
, alors « j’appelle mes concurrents et concurrentes à être modestes face au suffrage universel »
, a clamé celui qui est toujours crédité entre 14 et 16% des voix au premier tour dans les sondages, soit environ dix points de moins que Rachida Dati, pour qui il est un obstacle gênant sur le chemin de la victoire et de l’alternance. Alors quand le camp Dati appelle le camp Bournazel au « vote utile »
, ce mardi soir sur la scène du Cirque d’Hiver, on rétorque : « Le vote utile, c’est Bournazel »
.
« Pourquoi ça ne serait pas elle qui appellerait au rassemblement derrière lui ? »
, se demandaient d’ailleurs certains soutiens du vice-président d’Horizons présents dans les tribunes. « Ça fait six mois qu’elle nous traite de gauchistes et crache sur notre candidat… Notre objectif est d’être premiers au premier tour »
, poursuit une jeune femme rencontrée à l’entrée du cirque, peu fan de l’ex-ministre de la Justice. « Elle a une personnalité qui ne nous va pas »
, continue son amie, alors que des militants pro-Dati viennent distribuer des tracts de leur candidate et demandent avec ironie et provocation à ces pro-Bournazel « comment perdre une élection au profit des socialistes ? »
Rachida Dati, personnalité clivante
« Nous avons une offre différente, nous sommes légitimes à avoir notre propre programme, il faut laisser les gens s’exprimer »
, nous confie Isabelle, 60 ans, habitante du 15ᵉ arrondissement. « C’est l’un des seuls candidats qui a une dynamique, je trouve ça motivant de la poursuivre. J’espère qu’elle aura un autre programme que de seulement l’attaquer »
, ajoute Jean-Pierre, 60 ans, venu du 7ᵉ arrondissement de la capitale, celui de Rachida Dati. « Elle a trop de casseroles, ça dégoûte les gens de la politique »
, se désole encore Arlette, habitante du 20ᵉ.
Quelques-uns, toutefois, ont comme ambition première d’empêcher la gauche d’arriver au pouvoir. « Je ne veux pas que les socialistes passent, je suis pour une alliance »
, nous assure Stéphane, résident du 11ᵉ arrondissement. Un autre abonde, convaincu que le Parti socialiste et La France insoumise finiront eux aussi par s’entendre, quand Pierre-Yves Bournazel certifie qu’il ne laissera « jamais l’extrémisme politique gangrenner le Conseil de Paris, d’où qu’il vienne »
. À la fin, même si Rachida Dati est sa « meilleure ennemie »
, comme il l’a écrit lui-même dans son livre, sera-t-il condamné à s’entendre avec elle ?













